Un homme dans un cockpit en flammes, mort paisiblement quelques décennies plus tard: Niki Lauda, disparu à l’âge de 70 ans, était une légende de la F1 à jamais associée à son terrible accident de 1976.

Le pilote autrichien est mort lundi à 20h30 à l’hôpital universitaire de Zürich (Suisse), a indiqué une de ses collaboratrices à l’AFP. “Sa famille proche était là et a pu lui faire ses adieux”, a-t-elle précisé. Selon le média autrichien Ö24, Lauda avait été hospitalisé dans une clinique privée suisse mi-mai pour une dialyse à la suite d’un problème à un des reins qui lui avaient été greffés en 1997 et en 2005. Son organisme était en effet durablement affaibli par l’inhalation de gaz toxiques lors de son accident de 1976. “Il n’y a pas de cause précise de la mort”, a déclaré à l’agence autrichienne APA Walter Klepetko, médecin qui l’avait opéré l’été dernier à l’Hôpital général (AKH), où Lauda avait subi en extrême urgence une transplantation pulmonaire, après avoir contracté un virus lors d’un séjour à Ibiza. “Elle résulte d’une longue évolution, au terme de laquelle le patient s’en est allé. Niki Lauda s’est battu. C’était un homme formidable. Mais depuis quelques temps il était clair que nous n’arriverions plus à le ramener sur le circuit”, a ajouté le médecin. Lauda s’était difficilement remis de cette énième opération. “C’est dur de revenir. Ça ne se compare pas à mes brûlures après l’accident du Nürburgring”, confiait-il au journal suisse Blick. “Je suis brièvement mort. Mais j’ai ressuscité”.

Le 1er août 1976, au volant de sa Ferrari sur le circuit du Nürburgring en Allemagne, sa Ferrari part brusquement dans le mur et s’enflamme. Il reste près d’une minute dans le cockpit, avant d’en être extrait par trois concurrents. Les images du terrible accident du champion du monde en titre ont choqué le monde entier. Mais Lauda est un battant, qui va revenir à la vie. Six semaines après avoir reçu l’extrême onction sur son lit d’hôpital, il prend pourtant à la stupéfaction générale le départ du Grand Prix d’Italie malgré sa souffrance, de graves lésions au visage et un organisme affaibli par l’inhalation des gaz toxiques. “Je me suis dit: ça ne va pas se passer comme ça avec moi. Du coup ça m’a motivé pour rester en vie”, a-t-il raconté par la suite. Cette saison-là, il lutte pour le titre jusqu’à la dernière course avec le Britannique James Hunt, finalement couronné avec un petit point d’avance. Cet affrontement épique, révélateur du caractère hors norme de l’Autrichien, a été raconté en 2013 dans le film “Rush”, de l’Américain Ron Howard.

En 1977, le rescapé remporte son deuxième titre de champion de monde avec Ferrari, qui a exprimé sa “profonde tristesse” mardi après l’annonce de sa mort. “Tu resteras pour toujours dans nos cœurs et dans ceux des tifosi. Ciao Niki”, a écrit sur son compte Twitter la Scuderia, pour laquelle Lauda a couru quatre saisons de 1974 à 1977. Parti chez Brabham en 1978, il arrête la compétition fin 1979, pour fonder une compagnie aérienne, Lauda Air. Mais il retrouve les circuits dès 1982, au volant d’une McLaren avec laquelle il conquiert en 1984 son ultime titre mondial devant son équipier français Alain Prost pour un demi-point, le plus faible écart de l’histoire de la F1. Une saison plus tard, il quitte définitivement la F1, avec 25 victoires à son palmarès.

Devenu président non exécutif de l’écurie Mercedes en 2012, l’homme à l’éternelle casquette publicitaire cachant à moitié ses cicatrices reste omniprésent sur les circuits, où il est apprécié pour son expertise et son franc-parler, déplorant notamment que se perde “l’aspect combat de gladiateurs” de son sport. Il était écouté, lui qui avait marqué l’histoire de son sport en se montrant méticuleux dans sa préparation et déterminé sur les circuits.

AFP