Le nouveau règlement de la Formule 1 a été adopté à l’unanimité par le Conseil sportif mondial et vise à rendre les courses plus disputées et les voitures plus simples tout en limitant les coûts, ont annoncé ses responsables jeudi.

A compter de la saison 2021, les écuries ne pourront plus dépenser plus de 175 millions de dollars par an pour le développement de leurs monoplaces dont l’aérodynamisme sera simplifié pour leur permettre de se suivre plus facilement pour se dépasser. Le budget total actuel des plus grosses écuries, comme Mercedes et Ferrari, tourne autour de 500 millions de dollars par an et il leur faudra consentir à d’importants sacrifices pour le respecter.

Ce nouveau règlement, qui était en discussion depuis plus de deux ans, vise “à rendre notre sport plus durable et plus sûr”, a affirmé Jean Todt, le président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA). “La F1 sera moins complexe et plus facile à comprendre”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse. Il a précisé que c’est la première fois qu’un volet financier est ajouté aux règles régissant la F1 et qui étaient précédemment connu sous le nom “d’accords Concorde”.

Chase Carey qui représente la FOM, le promoteur de la F1, a souligné que le but était de faire en sorte que les voitures soient “davantage capables de se battre sur la piste”, alors que les courses de F1 se résument souvent actuellement à des processions dont l’issue dépend des stratégies de changements de pneus. Les responsables techniques de la F1, Nicolas Tombazis (FIA) et Ross Brawn (FOM), ont reconnu que ces nouvelles règles allaient toutefois ralentir les voitures de l’ordre de 3 à 3,5 secondes au tour pour les ramener à leur niveau de 2016.

Concernant l’acceptation de ces nouvelles dispositions par les écuries de F1 (dix actuellement), Jean Todt a estimé que “tout le monde doit s’engager aussi vite que possible”. Chase Carey a souligné qu’elles “ne demandent pas à être signées” par les écuries. “Ce sont les règles qui seront en place en 2021”, a-t-il affirmé.

Le nouveau règlement veut aussi pousser les ingénieurs à concevoir des voitures à l’aérodynamique simplifiée afin de se suivre de plus près pour pouvoir se dépasser plus, au risque de voir toutes les monoplaces se ressembler. Leur aspect sera toutefois passablement modifié par l’introduction également de roues plus hautes et, à l’avant, plus étroites. Les pneus passeront de 13″ à 18″ pour leur offrir une plus grande longévité avec moins de dégradation, la suspension sera limitée à sa version mécanique, dépourvue d’hydraulique, les groupes propulseurs hybrides, dont le rendement énergétique est désormais supérieur à 50 %, ne changeront pas tandis que les boîtes de vitesses seront homologuées pour cinq ans afin de réduire les coûts. Enfin, la F1 introduira une nouvelle nomenclature divisée en 5 volets (composants répertoriés, composants open source, composants transférables, composants règlementés et composants standards) pour distinguer les pièces pouvant être conçues en interne de celles pouvant être fournies par une autre équipe ou fournisseur. À l’avenir, davantage de pièces seront prescrites ou proviendront d’un fournisseur commun

Sur le plan sportif, la proposition de modifier le format de certains essais qualificatifs pour les remplacer par des mini-courses le samedi déterminant la grille de départ du GP le dimanche a été rejetée, quelques écuries estimant que cela ferait grimper les coûts au moment où on leur demande de les réduire.