Animant un point de presse en marge des essais de la nouvelle 208, le directeur de région Moyent-Orient-Afrique, Samir Cherfan, est revenu sur l’évolution de l’usine algérienne du Groupe PSA.

Les travaux de l’usine Peugeot Citroën Production Algérie d’Oran sont dans les délais prévus “puisque nous sommes au stade de la mise en place de la charpente et commence à prendre forme permettant ainsi un début d’activité au courant du premier semestre 2020”, a annoncé Samir Cherfan, ajoutant que “le projet algérien bénéficie de l’ensemble des avancées du Groupe PSA en terme de performances de production”. Concernant ce point, il est utile de rappeler que l’usine PCPA a été présenté en son temps comme une usine compacte qui, après une première phase SKD avec 800 pièces assemblées, passera à la seconde phase CKD trois ans après le lancement de la production avec, comme rapporté par nos soins, de nouveaux bâtiments abritant celui du ferrage, deuxième étape importante de la construction d’une voiture après l’emboutissage, et qui mobilise quelques centaines de pièces pour produire la caisse en blanc avec l’utilisation de robots, ainsi que celui de la peinture. Une seconde phase qui permettra à l’usine de viser un taux d’intégration allant de 40% à la 5ème année, après un taux de 15% au bout de la 3ème année. Des chiffres conjugués à la présence d’un écosystème automobile, sur une superficie de 80 hectares adjacente à l’usine, que PSA annonce performant et pérenne. “Un taux qui répond aux dispositions du cahier des charges”, précise notre interlocuteur.

Questionné sur les sous-traitants devant accompagner cette usine, Samir Cherfan a reconnu pour réaliser “cette intégration, PSA construit tout comme au Maroc, des partenariats et dont l’arrivée se fera au fil du temps avec une montée en puissance progressive”. D’ailleurs, lors de la pose de la première pierre de l’usine au mois de juillet, plusieurs manufacturiers de premier rang étaient présents pour une présentation de l’usine, l’ex-patron de la région, Jean-Christophe Quémard annonçant même un début d’exportation de faisceaux dès 2021. Parmi les sous-traitants affichant une intention de s’installer avec l’usine PCPA, on peut citer Faurecia, SEWS, Bosch, Leoni, Valeo, Sealynx, Saint-Gobain, Magna tout comme les entreprises algériennes Sitel et Sarel et des manufacturiers tunisiens et marocains. Se voulant plus explicite, l’ancien DG de Peugeot Algérie et actuel patron de la zone Maghreb, Yves Peyrot des Gachons, précisera que “la vocation des sous-traitants ne sera pas de satisfaire uniquement aux besoins de l’usine PCPA, l’Algérie étant à une heure de l’Europe donc rien ne les empêche d’exporter une partie de la production pour répondre aux aléas du volume et rien n’interdit non plus qu’ils répondent aux besoins des autres constructeurs automobiles en Algérie. Ces partenaires sont aussi en discussions avec le s autorités qui affichent une réelle volonté d’installer ce tissu industriel, apportant plus de garantie de ce côté. Les choses vont se mettre en place progressivement pour atteindre ce taux de 40% au bout de cinq ans. Il y a des sous-traitants en Algérie et des entreprises qui se développent à l’image d’Iris Tyres et je pense qu’il ne faut se cantonner à une vision domestique uniquement”.

Concernant les objectifs de cette usine PCPA surtout en ce qui concerne l’export, Samir Cherfan explique que “cela est lié à la performance et nous souhaitons l’atteindre, via la mise en place d’un écosystème, pour viser l’export. En Tunisie nous assemblons des pick-up et nous en exportons une partie car nous sommes toujours dans une logique de maximiser l’impact de nos projets et c’est le cas pour l’usine algérienne”. Pour Samir Cherfan , “il ne faut pas comparer avec l’usine marocaine de Kenitra qui profite de la maturation de la sous-traitance depuis plusieurs années et c’est cette profondeur et maturation que nous espérons voir en Algérie car c’est dans notre intérêt d’avoir une stratégie de complémentarité et de synergie entre les différents sites de productions, qui sont au nombre de neuf sur la région et notre objectif est de nourrir la région au maximum avec les sites régionaux car c’est une question de performance pour le Groupe”.

Prenant la parole concernant une question sur la limitation des quotas des kits SKD-CKD, Yves Peyrot des Gachons, ajoutera que “le Groupe PSA s’est toujours plié aux lois des autorités algériennes et que nous avons un outils de production très flexible pour s’adapter aux décisions du Gouvernement, nous allons à fond dans ce projet et nous saurons nous adapter”. Position que rejoint Samir Cherfan précisant “que nous sommes en étroite communication pour partager l’évolution du projet et répondre à toutes les interrogations du Gouvernement et faisons ce qui est faisable et avançons à pleine charge sans aucune forme d’hésitation avec l’objectif de remettre nos marques à la place qu’elles méritent dans le marché algérien”. En parlant de marque, M.Cherfan se gardera de précisera lesquelles seront assemblées au sein de l’usine PCPA, se contenant de dire “que nous ne pouvons les annoncer actuellement même si elle est capable d’en produire plusieurs puisque les modèles partagent une plateforme commune mais qu’il n’y a pas de frontières entre nos marques”, confirmant donc à demi-mots que les différentes marques (Peugeot, Citroën, DS et Opel) pourraient, si ce n’est devraient, y être assemblées, comme déjà avancé par Jean-Christophe Quémard en son temps.