Le constructeur Fiat Chrysler (FCA) a retiré dans la nuit de mercredi à jeudi sa proposition de fusion avec Renault pour former le numéro 3 mondial de l’automobile, a fait porter la responsabilité de cet échec au gouvernement français qui s’en est vivement défendu.

L’échec des négociations a entraîné une sanction immédiate des deux constructeurs sur les marchés boursiers. Vers 13H15 à Paris, le titre de Renault décrochait de 6,58% à 52,50 euros et celui de FCA, après avoir perdu 3% à l’ouverture à Milan, revenait dans le vert (+0,02% à 11,72 euros).

Sans viser de coupable, Renault s’est contenté d’exprimer, par communiqué, “sa déception de ne pas pouvoir approfondir la proposition de FCA”, qui a prouvé, à ses yeux, “l’attractivité” du groupe au losange et de son alliance avec Nissan.

Dès le retrait de son offre, FCA avait été moins diplomate en ciblant nommément l’État français, actionnaire de Renault, estimant que les “conditions politiques” n’étaient pas réunies en France pour “mener à bien un tel rapprochement”.

Une source proche du constructeur italo-américain jeudi matin a été encore plus claire: “la position soudaine et incompréhensible de Bercy” se trouve au cœur de l’échec des discussions, selon elle. “De nouvelles exigences du gouvernement français ont conduit à cette situation dommageable pour toutes les parties”, a déclaré cette source à l’AFP.

Le ministère français de l’Economie a rétorqué jeudi n’avoir pas eu de nouvelle exigence et avoir uniquement demandé un délai de cinq jours pour permettre à Renault de “s’accorder avec (son) partenaire japonais” Nissan, qui n’avait pas apporté le “soutien explicite” voulu par l’Etat actionnaire pour mener à bien ce rapprochement.

“La raison pour laquelle ce +deal+ ne s’est pas fait est liée à la préservation de l’alliance entre Renault et Nissan, ça n’a rien à voir (…) avec des interventions politiques”, a assuré un responsable de Bercy lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes.

“Nous avons été très clairs: il nous fallait le soutien explicite de Nissan pour que la fusion se réalise dans le cadre de l’Alliance. On ne pouvait pas mettre en cause la pérennité de l’alliance dans cette opération”, a-t-on ajouté.

“Nos positions n’ont pas changé, ils sont gonflés de dire ça chez Fiat”, avait rétorqué plus tôt une source gouvernementale. “On aurait aimé que le +deal+ se fasse, mais pas à n’importe quelle condition”.

“Dès la présentation de cette offre, l’Etat, actionnaire de Renault à 15,1%, l’a accueilli avec ouverture et a travaillé de manière constructive avec l’ensemble des parties prenantes”, a assuré le ministre de l’Economie Bruno le Maire dans un communiqué.