Le dossier de montage automobile impliquant d’anciens ministres et des hommes d’affaires a révélé des faits “catastrophiques” à l’origine de lourdes pertes pour le Trésor public, a indiqué dimanche le procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed (Alger) dans son réquisitoire.

Le représentant du Trésor public avait estimé les pertes à 128.983.650.708 de DA (plus de 128 milliards et 983 millions de DA). Ces pertes sont reprochées à trois opérateurs poursuivis dans l’affaire, à savoir Mazouz Ahmed, Larbaoui Hassan et Bairi Mohamed.

La société Mazouz de montage de véhicules et de camions est à l’origine de 39 milliards de DA de pertes, l’opérateur Larbaoui Hassan plus de 87 milliards de DA et le group IVAL de Bairi Mohamed  plus d’un milliard de DA, selon le Trésor public.

Le procureur de la République a expliqué que les pratiques relatives à l’investissement dans le domaine du montage automobile, étaient “basées sur le népotisme et le favoritisme d’un opérateur à un autre sans aucun motif légal, ce qui a élargi le fossé entre le peuple et ses institutions”.

Ce dossier qui a fait l’objet de deux enquêtes judicaires au niveau de la Cour suprême (pour les cadres supérieurs) et au niveau du Tribunal de Sidi M’hamed (pour les hommes d’affaires), a révélé que “certains hommes d’affaires géraient des sociétés écrans tout en bénéficiant d’indus avantages fiscaux, douaniers et fonciers”, a ajouté le procureur de la République.

Affirmant qu’en réalité il n’y avait aucune activité de montage et d’industrie automobile, il a précisé que les trois opérateurs Mazouz Ahmed (propriétaire de 27 sociétés), Larbaoui Hassan (34 sociétés) et Bairi Mohamed (9 sociétés) “ont exploité leurs relations avec les anciens ministres de l’Industrie Abdeslem Bouchouareb,  Bedda Mahdjoub et Youcef Yousfi et avec les deux ex Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, pour arracher des marchés relatifs au montage et à l’industrie automobile en violation des dispositions législatives et règlementaires en vigueur dans ce domaine, et notamment sans la validation du Conseil national d’investissement (CNI)”.