Le juge du tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a procédé, mercredi, à l’interrogatoire des accusés poursuivis dans plusieurs affaires notamment celle du montage de véhicules, dont d’anciens responsables et ministres ainsi que des hommes d’affaires.

Le juge a procédé, lors d’une audience publique, à l’interrogatoire de l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lui posant une série de questions relatives, notamment aux raisons et motifs du choix de certains opérateurs, en particulier dans l’affaire du montage de véhicules.

Au début, Ouyahia a demandé l’application de l’article 177 de la Constitution, stipulant “l’institution d’une haute Cour de l’Etat pour connaître des actes pouvant êtres qualifiés de haute trahison du président de la République, des crimes et délits du Premier ministre, commis dans l’exercice de leur fonction”, une demande qui a été rejetée par le procureur de la République.

Interrogé par le juge sur les faits qui lui sont reprochés, M. Ouyahia qui a nié “avoir recouru au népotisme” dans le dossier du montage de véhicules, “ni violé la loi”, a affirmé que “les avantages ont été octroyés conformément à la loi”, rejetant ainsi la charge “d’abus de fonction”.

Après avoir nié “l’octroi d’avantages à aucun opérateur”, le prévenu a dit que “les avantages ont été octroyés, dans le cadre de l’affaire du montage des véhicules, conformément à loi relative à la promotion de l’investissement”, affirmant “avoir appliqué la politique du Gouvernement en matière de promotion de l’investissement et de création de postes d’emploi”.

Sellal déclare “n’avoir aucune autorité sur Abdeslam Bouchouareb

Après avoir interrogé Ahmed Ouyahia, le juge a procédé à l’interrogatoire de l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal qui a fait prévaloir sa défense laquelle s’est retirée de l’audience, arguant “l’absence des conditions nécessaires au procès”.

Les questions du juge ont porté sur l’octroi d’indus avantages à des opérateurs dans le domaine de montage automobile, notamment à l’homme d’affaire Ahmed Mazouz, et sur le financement de la campagne électorale de l’ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

En réponse à ces questions, Abdelmalek Sellal a nié “en bloc” les charges qui lui sont reprochées, expliquant que son rôle en tant que Premier ministre se limitait à la coordination entre les représentants du Gouvernement sur lesquels il “n’avait aucune autorité”, et c’est le cas, a-t-il dit “pour la gestion du ministère de l’Industrie à l’époque du ministre en fuite, Abdeslam Bouchouareb”. Il a ajouté, à ce propos, avoir demandé à Bouchouareb de revoir le cahier de charges, qu’il a élaboré sans le consulter.

A l’ouverture de cette audience publique, le juge avait indiqué que “trois dossiers ont été fusionné en un”, tandis que le collectif de défense avait estimé que “l’élément matériel pour le déroulement du procès n’est pas établi”.