Mazda a commémoré, le 30 janvier, son 100e anniversaire au cours d’une cérémonie au siège d’Hiroshima, lors de laquelle Mazda s’est penchée sur son passé, tout en tournant son regard vers l’avenir.

Le courage de remettre en question les pratiques usuelles et d’ouvrir de nouvelles voies via une technologie que d’autres considèrent comme vouée à l’échec : voilà ce qui, depuis 1920, est l´élément moteur chez Mazda.

« Dans l’optique des prochaines 100 années à venir, nous continuerons à nous surpasser pour créer les produits, les technologies et les expériences uniques qu’aiment nos clients », a déclaré le président et directeur général, Akira Marumoto.

La célébration se poursuivra au Salon de l’automobile de Genève en mars 2020. Mazda se penchera également sur plus d’un demi-siècle d’activités en Europe. Le constructeur automobile a fait le grand saut en 1967 en proposant des véhicules étonnants comme la Mazda Luce, un modèle de taille moyenne conçu par l’Italien Bertone. Ce sont des voitures comme celle-ci qui ont valu à Mazda la réputation d’être la plus européenne des marques automobiles japonaises. En 1990, la société a ouvert un centre de recherche et de développement de pointe près de Francfort, comprenant un studio de design moderne –  au nombre de trois dans le monde. Bon nombre de concepts Kodo primés pour des véhicules Mazda actuels y ont vu le jour.

Du liège aux voitures

Le chemin parcouru par Mazda est à tous points de vue remarquable : il y a 100 ans, l’entreprise locale produisait des produits de substitution du liège, jusqu’à ce que l’industriel Jujiro Matsuda prenne la direction de la Toyo Cork Kogyo en 1921 et la transforme, d’abord pour la production de machines-outils, puis pour la construction d’automobiles.

Le premier modèle était un véhicule à trois roues – le Mazda-Go – commercialisé en 1931. Bénéficiant d’une grande popularité, il fit l’objet d’améliorations constantes, recevant par exemple une transmission à quatre vitesses moderne en 1938, permettant de réduire de 20 % la consommation de carburant. L’entreprise construisit même une voiture particulière, présentée en 1940, mais la Seconde Guerre mondiale allait en entraver la production. La fabrication de véhicules commerciaux reprit cependant en 1945, quelques mois seulement après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima.

La société continua à se consacrer aux véhicules utilitaires après la guerre, la première voiture de tourisme ayant été lancée en 1960. La Mazda R360 fut  une belle réussite dans le segment neuf des kei-car au Japon, ouvrant la voie à une gamme à succès de berlines, de breaks et de coupés familiaux.

Entre-temps, grâce à une approche aussi audacieuse que peu conventionnelle, Tsuneji Matsuda – le fils de Jujiro et son successeur – réussissait à faire opposition à une fusion forcée avec de plus gros concurrents dans le cadre d’une consolidation industrielle initiée par le gouvernement. En 1961, la société signa un accord de licence avec le constructeur automobile allemand NSU dans le but de développer et de produire ses nouveaux moteurs rotatifs Wankel, compacts et légers. Cette technologie unique permit à la marque Mazda de se démarquer et de rester indépendante.

Les ingénieurs japonais réussirent ce que beaucoup croyaient impossible. En 1967, la futuriste Mazda Cosmo Sport/110S fut le premier modèle de série au monde à être équipé d’un moteur à double rotor. Ce fut le début d’une remarquable histoire à succès qui allait voir la marque lancer de nombreux modèles, dont la sportive RX-7, et vendre près de 2 millions de véhicules à moteur rotatif au fil des ans. Mazda allait également démontrer ses prouesses technologiques sur la piste, devenant le premier constructeur asiatique à remporter les éprouvantes 24 heures du Mans en 1991 avec la Mazda 787B à quatre rotors – à ce jour, la seule voiture avec moteur sans piston à avoir remporté la course.

Identité propre

Les graines d’une nouvelle légende étaient semées au moment même où le nom de la société était officiellement changé, en 1984, en Mazda Motor Corporation. Un roadster de faible poids, le Mazda MX-5, voyait le jour. Conçu suivant les principes du Jinba Ittai, qui décrit le lien entre le conducteur et la voiture, fut officiellement lancée en 1989, à une époque où les cabriolets deux places avaient pratiquement disparu. Mazda était cependant convaincu qu’il y aurait toujours un marché pour des véhicules abordables et procurant un véritable plaisir de conduire. Aujourd’hui, quatre générations plus tard, le MX-5 reste le roadster le plus vendu de l’histoire, ayant dépassé la barre du million d’unités en 2016.

Le moteur rotatif de Mazda s’est également révélé crucial dans le développement de transmissions à carburant alternatif, telles celle de la HR-X, un concept de moteur rotatif à hydrogène de 1991 qui a conduit à des modèles prototypes comme la Mazda RX-8 Hydrogen RE et la Mazda5 Hydrogen RE Hybrid. Ce concept a également jeté les bases de la technologie révolutionnaire Skyactiv de Mazda et de sa gamme de moteurs, de transmissions, de plates-formes et de carrosseries automobiles, optimisée dans l’optique d’une efficacité maximale et du plaisir de la conduite fidèle à l’esprit du Jinba Ittai.

Depuis son lancement en 2012, la technologie Skyactiv est synonyme d’innovation permanente, une longue tradition chez Mazda. L’une des meilleures illustrations de cet esprit pionnier est le moteur révolutionnaire Skyactiv-X, premier moteur au monde à combiner les avantages des moteurs essence et Diesel. Le modèle tout électrique Mazda MX-30, récemment dévoilé, avec le système e-Skyactiv drive, en est un autre. Automobile d’avenir, elle renoue également avec le passé de Mazda, avec des portes arrière à ouverture antagoniste et un comportement routier qui s’inspire de la RX-8 et de l’héritage des voitures de sport de la marque. De plus, son habitacle aux matériaux écologiques comme le liège, rappelle les débuts de la société sous le nom de Toyo Cork Kogyo.