En cette période de confinement, nous lançons une nouvelle rubrique “Rétro”, histoire de se remémorer d’anciens modèles, mais également nos premiers pas dans le métier… et nous commençons par notre premier essai, plutôt une prise en main, avec l’Audi Q7 en 2006 (Mohamed Amine Meriem, 05/2006).

On ne pouvait pas le garder trop longtemps, les messieurs de chez Audi veillaient au grain, aucune chance de s’enfuir avec ! il est confortable, imposant et plaisant. Un Q7 3.0 TDI a été mis à notre disposition le temps d’une -courte (oui, on s’en plaint)- balade, cela s’est passé à Alger.

Audi qui a amorcé une politique de montée en gamme depuis une quinzaine d’années, voit ses efforts déboucher sur cet engin qui va enfin lui permettre d’aller chercher Mercedes, Land Rover et BMW sur le segment du SUV de luxe. Le constructeur d’Ingolstadt, grâce à une communication très efficace, a réussi a faire du Q7 le SUV le plus désiré du moment, effaçant des esprits les Range Rover, BMW X5 et Mercedes ML, mais aussi le VW Touareg. Les fruits de cette communication sont plus que perceptibles, Audi enregistre un excédent de commandes de… 500% et la capacité de production vient d’être augmentée, pour répondre à une demande bien plus importante que prévue, reste à savoir quelles seront les modèles qui cèderont des parts de marché à ce gros monstre et dans quelles proportions.

Qu’importe, à la faveur d’un salon d’Alger qui prend de plus en plus d’envergure, pendant lequel le Q7 a été exposé pour la première fois sous ces latitudes, agrémenté de quelques créatures venues des régions boréales du globe, nous avons testé pour vous ce mastodonte, un test qui a été un peu court hélas mais nos impressions sont faites, Audi frappe fort.

Fabriqué à partir de la plateforme qui sert de base aux VW Touareg et Porsche Cayenne, le Q7 est plus long (5086mm), plus large (1983mm) et plus haut (1737mm) que ses deux cousins, à la faveur d’un empattement qui a gagné 14 cm pour atteindre 3002 mm, contre 2855 mm sur les Touareg et Cayenne. Ces dimensions qui le placent quelques centimètres en dessous d’une A8, donnent au Q7 un air de pachyderme issu d’une espèce passée par une évolution darwinienne high-tech.

Le Q7 est imposant de par ses dimensions mais aussi par sa ligne racée et agressive. L’identité Audi est bel et bien présente, avec la calendre singleframe caractéristique de la marque, surmontée des quatre anneaux qui, pour ne pas être noyés dans la masse, prennent des proportions dignes des mensurations du monstre. Les phares à l’avant et les feux arrière ne dérogent pas à l’identité de la marque, les optiques avant transparents se parent de projecteurs en tube et les feux arrière reprennent la forme effilée inaugurée par la dernière A4.

Le Q7 dégage un dynamisme tout relatif, tant que le SUV sera ce qu’il est, il sera difficile de lui donner la finesse d’un coupé ; Audi a quand même réussi à imprimer, à travers la silhouette massive du Q7, un certain dynamisme qui fait défaut à la plupart des autres engins du segment, en attendant de voir débarquer les Crossovers qui sont encore au stade de concept, et qui inaugureront, dans un futur proche, d’autres types de carrosserie dans ce segment. La taille de l’engin n’est pas le résultat d’un effet d’optique magnifié par la taille de la calandre et la hauteur du capot ; Audi Q7 fait partie des plus gros SUV circulant en Europe -ne parlons pas d’Amérique, là-bas, ils mesurent leurs voitures en pieds !- ; La trentaine de centimètres en plus dont il bénéficie, par rapport à ses deux cousins, permettent au besoin, de placer deux sièges supplémentaires à l’arrière du véhicule, ce qui permet à la firme d’Ingolstadt d’avoir dans son catalogue une version 7 places. La qualité de finition et l’alignement des éléments de carrosserie sont, comme toujours chez Audi, irréprochables.

La planche de bord, très inspirée de celle de la A6, se pare de matériaux nobles et de cerclages en chrome. La disposition des instruments ainsi que leur orientation met en évidence le souci d’Audi de tout centraliser au niveau du conducteur, les boutons sont disposés à portée de main, sous l’accoudoir ou sur la console du milieu, et accessibles sans effort. Le frein à main devient frein à pied, ce qui libère davantage de place à l’instrumentation et au système MMI, le système d’information embarqué d’Audi, qui peut, à lui seul, occuper un passager trop bavard -en l’occurrence, votre serviteur- une bonne heure.

L’instrumentation de bord du Q7 frappe tout d’abord par la qualité d’affichage des deux écrans qui se logent dans la planche de bord, ils présentent une lisibilité accrue et confortable, grâce à un contraste très élevé et une palette couleur de très bon goût. Le premier écran intercalé entre les deux cadrans affiche température extérieure, autonomie, et le rapport de vitesse enclenché. Mais c’est le second LCD, plus grand et situé au milieu de la planche de bord qui est le plus intéressant. Il donne accès aux contrôles de tous les paramètres possibles et imaginables du véhicule, cela va du détecteur d’obstacles lors du stationnement au contrôle de la lumière tamisée dans l’habitacle, en passant par le système d’essuie-glaces ou le paramétrage du verrouillage centralisé, ce dernier peut être personnalisé à souhait. L’accès à ce riche panneau de contrôle se fait à travers le MMI (Multi Media Interface), matérialisé en un amas de boutons situés entre le levier de vitesse et la boîte de rangement qui fait office d’accoudoir. Ce système qui, à première vue, semble d’usage compliqué, se laisse dompter sans trop d’efforts. L’intuitivité de l’interface et le positionnement des différents boutons en font un outil très efficace. MMI permet aussi l’accès à la documentation du véhicule, au téléphone, au carnet d’adresses, à la navigation GPS (pas de chance, Alger n’est pas cartographiée), aux paramètres audio ainsi qu’à l’information relative au trafic routier.

D’autres boutons ornent la planche de bord, cela va du régulateur de vitesse à la climatisation bi-zone, ou l’ouverture de la boîte à gants électrique. Tout a été pensé à bord, le Q7 se positionne bel et bien dans le segment des SUV luxueux. Coté finition, le Q7 jouit d’un intérieur digne de la marque aux anneaux ; cuir, chrome, bois et velours sont au menu, le tout agencé dans la sobriété habituelle d’Audi.

Pour faire déplacer ce monstre d’un pas digne du statut qui lui sied, un 3.0 TDI de 233cv et de 500Nm(!) de couple prend place sous le capot. Si ce moteur ne fait pas du Q7 un bolide, il arrive à le faire déplacer les 2300kg de manière plus que décente. Le couple disponible à très bas régime permet de bonnes reprises, la boîte de vitesse adaptative Tiptronic 6 rapports fait le reste.

La boîte Tiptronic est calibrée de manière à optimiser la consommation tout en répondant aux sollicitations intempestives d’un pied droit trop lourd ; ne vous étonnez pas, en mode automatique, de voir le sixième rapport enclenché alors que vous ne roulez qu’à 70km/h, à partir du moment où le couple élevé du moteur le permet. Dans ces conditions, le Q7 évolue sereinement et en silence, sans grande sollicitation du moteur, et c’est tant mieux pour la consommation. La moindre sollicitation de l’accélérateur par le conducteur (ce que la boîte de vitesses -très futée- interprète très vite comme un désir d’avancer plus vite) fait réagir la mécanique bien huilée de la Tiptronic qui, en quelques instants, rétrograde vers des rapports inférieurs et fait rugir le moteur qui opère une montée en tours ; la cavalerie est lâchée et les corps des passagers se retrouvent, sous l’effet de l’accélération et du turbocompresseur, caressés de plus près par le doux cuir des sièges. Le comportement routier du Q7 demeure fidèle à ce que sait faire Audi en terme de tenue de route, surtout que le Quattro est de la partie. Il ne faut tout de même pas perdre de vue que nous sommes à bord d’un SUV, qui obéit comme ses pairs aux règles inusables de la physique ; la hauteur du véhicule relevant inévitablement son centre de gravité, le tangage des passagers à bord est inévitable en courbe.

Audi Q7 sera pour les trois années (au minimum) à venir le SUV de luxe à battre, que ce soit en volumes de vente ou en notoriété. Le buzz-marketing orchestré par les cols blancs d’Ingolstadt a bien fonctionné, ils en ont fait un objet désirable, le SUV que tout le monde rêve d’avoir ; il sera difficile de trouver un modèle pour le détrôner à court terme. Seul espoir pour la concurrence, le segment du SUV de luxe est très sensible à la nouveauté et les modèles se démodent très vite (3 ans environ), à moins que l’on se prénomme Range Rover.


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