Renault Trucks Algérie vise à reprendre son leadership dans les secteur des camions en Algérie, nous ont déclaré les responsables de la marque, Olivier De Saint Meleuc, Président de Renault Trucks International, et Stépahen Harmand, Directeur Général de Renault Trucks Algérie.

Absent commercialement ces deux dernières années suite à l’arrêt des importations, Renault Trucks Algérie compte bien retrouver son leadership en misant sur l’usine Soprovi de Meftah, qui a entamé son activité à la fin du mois dernier, comme le précisent les deux responsables de Renault Trucks dans ce long entretien accordé à la presse algérienne en marge des «Xperience Days» qui se sont déroulés à Bahreïn.

– Troisième édition des «Xperience Days» de Renault Trucks, quel est l’apport de ces journées et quel bilan faites-vous des deux précédentes ?

Olivier De Saint Meleuc : C’est la troisième année consécutive que nous organisons ces journées avec des objectifs différents à chaque fois, la première à Marrakech avec une logique « Construction », la seconde à Istanbul plus axée « Routier » et avons fait le choix cette fois-ci d’inviter nos clients et plus principalement des prospects et qui connaissent moins Renault Trucks pour leur faire découvrir à la fois nos deux gammes. Cela nous apporte la possibilité d’expliquer à nos clients comment ils peuvent améliorer, grâce à la gamme Renault Trucks et les services qui vont avec, la compétitivité et la profitabilité de leur outil de travail et ce à travers des ateliers qu’animent nos techniciens. On permet également aux prospects d’essayer nos véhicules qui sont nos meilleurs ambassadeurs et depuis le lancement de ces «Xperience Days», même si c’est un gros investissement pour la marque, c’est un succès car les retours sont extrêmement bons aussi bien sur le plan image que sur le plan commercial.

Olivier De Saint Meleuc : C’est la troisième année consécutive que nous organisons ces journées avec des objectifs différents à chaque fois, la première à Marrakech avec une logique « Construction », la seconde à Istanbul plus axée « Routier » et avons fait le choix cette fois-ci d’inviter nos clients et plus principalement des prospects et qui connaissent moins Renault Trucks pour leur faire découvrir à la fois nos deux gammes. Cela nous apporte la possibilité d’expliquer à nos clients comment ils peuvent améliorer, grâce à la gamme Renault Trucks et les services qui vont avec, la compétitivité et la profitabilité de leur outil de travail et ce à travers des ateliers qu’animent nos techniciens. On permet également aux prospects d’essayer nos véhicules qui sont nos meilleurs ambassadeurs et depuis le lancement de ces «Xperience Days», même si c’est un gros investissement pour la marque, c’est un succès car les retours sont extrêmement bons aussi bien sur le plan image que sur le plan commercial.

Stéphane Harmand : On peut compléter en affirmant que les «Xprience Days » sont une façon de mettre en avant nos partenaires distributeurs et concessionnaires car ils se retrouvent dans la fierté que nous avons de montrer nos produits et nos services auprès de leurs clientèles et de leurs prospects.

– On imagine que l’édition de cette année est, pour le marché algérien, plus importante que celles des deux premières puisqu’elle coïncide avec le début d’activité de votre usine de Meftah

Olivier De Saint Meleuc : Stéphane (Harmand, NDLR) ne me contrediras pas mais le mandat qu’on a du président du Groupe Volvo est que l’Algérie est le marché prioritaire pour cette année et évidemment les années suivantes. Renault Trucks a une place historique sur le marché algérien et on ambitionne de revenir rapidement aux environs de 2000 unités/an et ça refera de l’Algérie le premier pays à l’export en dehors de l’Europe.

Stéphane Harmand : Effectivement, nous comptons reprendre notre place sur le marché algérien, preuve en est que malgré la période délicate que nous avons passé, nous avons gardé des concessionnaires impliqués et engagés qui ont décidé de continuer avec nous en attendant les jours meilleurs qui, finalement, arrivent avec cette usine Soprovi de Meftah qui assemble des véhicules depuis mars dernier dans un schéma de montée en puissance de la cadence. On espère être rapidement à 8 véhicules/jour puis atteindre très vite les 10 unités/jour. Nous disposons d’une capacité de 2000 unités/an à commencer par la gamme «C» (Routière) puis la «K» (Construction) avant d’attaquer en fin d’année la gamme «D» (Distribution et livraison urbaine), sachant que ce trio représente 65% de nos ventes pour le premier, 15% pour le second et le reste pour la gamme D. Après, ce sont les clients finales qui décideront et on s’adaptera à la demande.

L’usine démarre donc avec une première phase de «formation», cela se déroule comme vous l’envisagiez ?

Stéphane Harmand : Même mieux, je dirai. Et c’est peut-être le directeur de l’usine qui pourrait en dire plus mais les remontées d’informations permettent d’avancer que nous avons recruté, et localement dans la Wilaya de Blida, des opérateurs de qualité et que nous sommes très satisfaits du niveau. Ceci permettra une montée en cadence d’une manière plus efficace, plus qualitative et plus rapide que prévue. Nous sommes très contents du recrutement et ce n’est pas toujours le cas.

– En parlant de l’usine Soprovi, la sous-traitance est un cheval de bataille des autorités, quelle est votre stratégie ?

Stephane Harmand : On a deux axes que nous menons par le biais de nos acheteurs. Le premier est celui de sous-traitants locaux, nous en avons identifié quinze acteurs qui peuvent rapidement nous produire quelques composants après les avoir évalués en qualité et en montée en cadence et de voir de quoi il sont capables. A partir de là, ils viendront petit à petit renforcer le tissu de fournisseurs dans divers domaines tels que celui de l’isolation, les pare-chocs anti-encastrement et autre faisceaux électriques. Le second est de faire venir en Algérie des fournisseurs étrangers, européens surtout, pour produire en Algérie et pas seulement pour l’usine Soprovi. Nos prévisions sont de respecter le taux d’intégration aussi bien sur les trois prochaines années qu’après et ce en fonction de ce que sera la réglementation.

Olivier De Saint Meleuc : Nous avons un cahier des charges en deux points pour nous, celui de la réglementation algérienne mais aussi celui des exigences de qualité par rapports à nos usines européennes car nous devons offrir au clients algériens les mêmes niveaux de sécurité que les camions européens. Et c’est dans ce cadre précis que nous avons mis en place notre plan d’actions et des équipes en charge de trouver des partenaires algériens et/ou étrangers pour venir en Algérie.

Stephane Harmand : Le Groupe à une longue histoire de localisation, une obligation qui existe ailleurs dans le monde. J’étais pendant huit ans en Asie et des pays imposent la localisation, avec quelques différences, mais le Groupe a une grande histoire dans la mise en place d’une industrie locale. Nous n’avons aucun doute devant notre capacité à respecter la réglementation et de faire monter en puissance les sous-traitants locaux.

Ce n’est pas dans vos prévisions d’aller plus loin que le cahier des charges et faire de l’usine algérienne une sorte de plate-forme pour les pays voisins et l’Afrique ?

Olivier De Saint Meleuc : Il est important pour nous de faire les choses dans l’ordre. Nous avons énormément d’ambitions en Algérie mais le tissus industriel local a beaucoup à faire et à construire dans les années à venir ne serait-ce que pour respecter la réglementation locale. Notre première préoccupation est donc de respecter ce cahier des charges mais, en fonction de la rapidité, de l’efficacité et de la capacité de le faire, nous aurons le loisir d’aller plus loin. Pour l’instant, pour toutes nos équipes, notre partenaires et dans le Groupe, la priorité est de respecter le cahier des charges. L’Algérie est un pays plein de potentiel, il faut savoir le faire à bon rythme et si on peut aller plus loin ça sera bien pour l’Algérie c’est sûr mais ça le sera également pour le Groupe, mais aujourd’hui c’est encore trop tôt pour le dire.

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Un autre paramètre important dans la reconquête de votre leadership est le tarif qu’afficheront vos modèles. Est-ce que cette industrialisation naissante ne risque pas d’impacter votre client ?

Olivier De Saint Meleuc : Il existe plusieurs critères qui impactent le tarif final comme les changements de taux de change, mais la réglementation algérienne fait que les éventuels surcoûts de production locale soient compensés par les exonérations qui permettent que le client algérien ne soit pas pénalisé dans le cadre de cette usine et cette politique d’industrialisation du pays.

Mais à quel moment un camion issu de Soprovi deviendra-t-il concurrentiel par rapport à un camion Renault Trucks importé ?

Olivier De Saint Meleuc : Je pense que ça sera très difficile de pouvoir concurrencer exactement la productivité d’une usine de plus de 25.000 unités/an. Après comme pour tout projet industriel, il y a le respect du cahier des charges mais aussi la recherche de plus de productivité, continuer à former des opérateurs, continuer à trouver des fournisseurs locaux qui peuvent eux-même monter en compétence et amener leur productivité et baisser les coûts de l’assemblage en Algérie. L’économie d’échelle est extrêmement importante en Europe mais on fera en sorte de diminuer les coût de revient comme on le ferait dans n’importe quelle usine européenne et mondiale.

– Mr Harmand, vous venez de prendre la direction de Renault Trucks Algérie et vous arrivez avec un nouveau regard, quelles sont les améliorations que vous pensez nécessaires pour non seulement retrouver votre leadership mais aussi pour fidéliser encore vos clients actuels ?

J’en vois deux principalement. La première serait une montée qualitative du réseau d’autant plus que le monde du transport en Algérie se sophistique et de plus en plus de clients de petits opérateurs, cible qui reste également notre clientèle, se structurent et se rassemblent et opèrent comme des entreprises européenne avec des inquiétudes de consommations et de performances. Nous devons donc de ce fait avoir un réseau qui doit répondre à ces deux types de clients, les petits opérateurs exigeants et les grandes structures qui en plus d’être exigeantes sont sophistiquées, en disponibilité immédiate de la pièce de rechange, au pire sous 48 heures, en formations à densifier dans chaque concession. Le deuxième point est élargir la gamme et cela sera en fonction de la manière dans l’histoire évoluera.

Olivier De Saint Meleuc : Je voudrai rajouter un autre point, c’est le développement des services que nous proposons. Nous en avons quelques uns comme le « Start & Drive » qui peuvent encore se diversifier et s’améliorer, les « Plan de Maintenance sur-mesure » qui peut encore se développer et demain on pourrait avoir des services connectés. L’Algérie va aller de plus en plus vers des solutions de transport intégré et notre ambition est d’accompagner ce changements en proposant plus de service, en assistant le chauffeur et les patrons.

– On vous laisse finir

Olivier De Saint Meleuc :Nous sommes très impatients de redémarrer avec cette nouvelle usine et comme déjà dit nous avons d’énormes ambitions en Algérie , le mandat de notre président nous oriente à mettre toute l’action sur l’Algérie et c’est ce que nous faisons avec l’équipe de management et l’ensemble des personnes qui travaillent autour de cette marque. Ce n’est pas une langue de bois, c’est le mandat de notre présidence et c’est notre engagement vis-à-vis de la marque et du Groupe de tout faire pour le respecter.

Stéphane Harmand : Je compléterai en disant qu’avec le potentiel de l’Algérie, cela nous ferait plaisir d’être l’un de ses supports.