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Olivier De Saint Meleuc (Senior Vice President Renault Trucks International) : "Nous aurons la plus belle usine de camions en Algérie"

Publié le mardi 1er mai 2018 à 16:07, par Khaled A.

Olivier De Saint Meleuc, Senior Vice President Renault Trucks International, s’est prêté à une séance de questions-réponses avec les journalistes algériens présents lors de l’événement "Long Haul Days" de Renault Trucks à Istanbul.

Peut-on connaître l’objectif de ses journées "Long Haul Days" et quelles sont vos attentes ?

Aujourd’hui, nous faisons attendre nos clients en Algérie car nous n’avons pas de camions à proposer et avons ainsi deux messages à passer. Le premier est que même si nous n’avons pas de véhicules à proposer, nous continuons d’investir sur l’Algérie et prendre soins de nos clients afin de garder le contact même si on se trouve dans une situation un peu difficile. Le second est que nous avons ici des invités qui ne disposent pas de Renault Trucks et qui utilisent d’autres marques et à qui nous voulons prouver que le choix de nos camions ne peut être que bénéfique. Nous avons la chance d’avoir des produits dont on est fier et quoi de meilleure preuve que de les faire essayer. D’ailleurs les véhicules sont en configuration algérienne.

Vous parlez d’absence d’offre, cela ne peut nous mener que vers le sujet de l’usine Soprovi. Vous en êtes à quel stade actuellement ?

On était très heureux et soulagé en début d’année suite à l’accord du CNI officialisant du coup notre partenariat avec la famille Souakri. La construction de l’usine est lancée et devrait être prête pour la fin de l’année en cours avec la sortie des premiers véhicules des gamme C et K avant une commercialisation dès l’homologation des services des mines. Le projet avance bien même si on aurait aimé qu’il avance plus vite pour nos clients, nos distributeurs et pour la marque. Mais ce qui est important à dire aujourd’hui est que je suis convaincu que nous aurons la plus belle usine en Algérie dans le segment du poids-lourd.

Vous ne pensez pas que l’usine Soprovi arrive un peu en retard avec la présence de plusieurs usines et en plus dans un marché qui est actuellement en crise ?

Il est aisé de bien s’occuper des clients dans un marché facile mais c’est dans un contexte difficile qu’on prouve que ce marché à de l’importance et l’Algérie est un pays important pour nous, c’est pour ça que nous continuons d’investir et ça c’est extrêmement important. Aujourd’hui, il y’a des lois qui obligent à répondre à un cahier des charges qu’on se doit de respecter à la lettre et s’il faut des investissements, Renault Trucks avec l’aide du Groupe AB Volvo les fera et cette usine est la conclusion de ses deux points.

Un cahier des charges qui impose un certain pourcentage de taux d’intégration, est-ce qu’un travail dans ce sens est entamé en parallèle de la construction de l’usine ?

L’usine commencera avec 15% de taux d’intégration qui est lié surtout à la main d’oeuvre, mais pour les sous-traitants on ne sait pas encore. Nous étions présents au salon "Equip Auto" et aux "Journées Techniques sur la Sous-traitance Véhicule" avec notre département achat (à sa tête M. Johan Marchner, Senior Vice-Président des Achats du groupe Volvo) pour faire un constat sur qui est présent sur le marché local et qui pourrait être notre sous-traitant. Nous sommes encore en train d’étudier cela et l’approche est simple, on optera pour ceux qui activent déjà en Algérie puis on verra qui parmi les fournisseurs du Groupe Volvo pourrait investir en Algérie pour appuyer notre développement afin de créer tout un écosystème et atteindre les 40 à 60% qu’impose le cahier des charges. Il faut savoir aussi qu’il est également très important pour nous d’opter pour des sous-traitants qui devront répondre aux critères de qualité de la marque car le client algérien doit disposer de camions aux standards de ceux importés. Nous allons, pour cela, venir avec des experts qualité pour l’usine et s’assurer que le processus de montage sera au même niveau que l’européen mais aussi pour contrôler la qualité des produits de nos sous-traitants sur place. Nous sommes confiants et nous pouvons rassurer nos clients sur la qualité des produits assemblés. Nous avons déjà de l’expérience dans certains pays qui n’ont pas forcément un historique industriel plus important que celui de l’Algérie et on a produit des véhicules aux mêmes standards que ceux en France. Ce n’était pas un souci et ça ne le sera pas en Algérie avec une bonne qualité de main-d’œuvre, jeune et qualifiée, qui sera épaulée par nos services de qualité pour l’assemblage de 4000 références.

Mais est-ce que le Groupe Volvo compte s’approvisionner auprès de ces sous-traitant afin de permettre à ces derniers d’avoir des volumes de production plus importants que ce que va offrir l’usine Soprovi ?

Nous y travaillons tout en sachant ce n’est qu’en connaissance des compétences des sous-traitants (qualité, compétitivité...) que cela se fera mais à aujourd’hui on ne sait pas si on doit dire oui ou dire non, nous sommes trop tôt dans le process pour ça. Concernant les sous-traitants dont dispose le Groupe Volvo et qui pourraient nous rejoindre, certaines pièces sont plus faciles à décentraliser que d’autres. Nous nous penchons sérieusement sur ce sujet et la présence de M. Johan Marchner au deux salons du mois de mars est une preuve qu’au niveau du management du Groupe nous prenons très au sérieux le respect du cahier des charges.

Le cahier des charges impose également l’exportation après une certaine période de la production de Soprovi, mais cela reste lié à cette intégration qui permettra aux camions montés en Algérie d’être compétitif...

Cela dépendra à quel prix nous aurons les pièces algériennes mais déjà on va finir par construire l’usine, livrer nos clients algériens puis étudier toutes les opportunités d’exportation qui vont être liées à une problématique de compétitivité. Ceci dit, le cahier des charges stipule également que le prix de vente du produit local ne doit pas être supérieur à celui du produit importé, donc cette compétitivité on doit commencer par l’offrir sur le marché algérien. L’usine est le résultat d’un investissement d’un milliard de Dinars et quand on fait ce type d’investissement il est clair que nous avons la visibilité sur le coût d’assemblage en Algérie et le prix qu’on pourra vendre localement. Reste qu’il faudra également prendre en considération la fluctuation de la devise pour établir le prix de vente au moment de la commercialisation.

En parlant d’investissement, peut-on connaître le taux de participation du Groupe Volvo et par ricochet Renault Trucks dans cette usine Soprovi ?

Je ne sais pas si on peut le communiquer. Elle est minoritaire mais très significative et loin d’être insignifiante dans ce partenariat pour l’usine d’assemblage de camions Renault Trucks et Volvo.

Un dernier mot ?

Oui, il ne faut pas oublier que cette usine c’est 200 emplois directs et 300 indirects, je le dis car on en est fier. Il ne faut oublier également que le Groupe a une université qui va nous aider à former nos opérateurs et on aura également une académie pour accompagner le développement de la filière en Algérie.

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