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M. Hervé DAIGUEPERCE : Directeur de la rédaction - le Journal de l’Automobile : Les marchés du Maghreb s’ouvrent et intéressent de plus en plus les constructeurs

vendredi 1er avril 2005, par La rédaction

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Répondant à une invitation du Journal de l’Automobile, nous nous sommes rendus sur place et avons visité les locaux de cette grande publication française dédiée aux professionnels de l’automobile, où nous avons rencontré les journalistes et le personnel qui font vivre cette revue qui fête cette année ses 25 ans d’existence.

L’occasion était aussi pour nous de parler de la presse spécialisé et du monde de l’automobile avec le directeur des rédactions M. Hervé DAIGUEPERCE

Entretien accordé à autoalgerie.com par :

M.  Hervé DAIGUEPERCE
Directeur des rédactions

Le journal de l’automobile
Le journal des transactions automobiles
Le journal de la rechange indépendante

 

Voir aussi :

Site Internet du Journal de l’automobile

Le salon automobile d’Alger vu par le Journal de l’automobile

autoalgerie.com : Présentez nous Le Journal de l’Automobile

M.DAIGUEPERCE : Le journal de l’automobile est une publication qui a été créée par M.Jacob ABBOU il y a environ 25 ans ; M.Jacob ABBOU est un homme d’affaires qui a créé ce journal parce qu’il voulait entendre parler de l’automobile de façon professionnelle, il voulait d’un journal professionnel qui s’adresse aux professionnels, un journal qui ne soit pas consacré aux petites annonces, qui présente beaucoup d’articles qui reflètent le marché et qui parle de tout ce dont à besoin un professionnel de l’automobile, lui même étant un professionnel de l’automobile, il a des concessions et il est passionné d’automobile. Le journal de l’automobile est connu et reconnu, il existe depuis près de 25 ans (on devrait d’ailleurs les fêter bientôt, si on a le temps) et il continue sa voie avec les vicissitudes qu’on peut avoir dans le monde de la presse d’aujourd’hui. Il s’est adressé depuis le départ a tous les professionnels tels qu’ils soient ; on entend par professionnels ceux de la distribution et des réseaux, les concessionnaires, les filiales, mais aussi carrossiers, électriciens auto... dans l’ensemble tous ceux qui travaillent dans la réparation. Et comme il reflète la vie de l’automobile actuellement, il s’adresse aussi à tous les sièges des constructeurs automobile ; qu’il soient français, allemands, américains ou autres il le reçoivent tous, tous les équipementiers y sont abonnés aussi.

autoalgerie.com : Dans sa globalité, quel est le rôle de la presse spécialisée en automobile dans l’économie d’un pays ?

M.DAIGUEPERCE : Le rôle de la presse dédiée aux professionnels de l’automobile (je ne parle pas de celle distribuée au grand public et vendue dans les kiosques) est avant tout un rôle d’information validée ; « on n’essaye pas de vendre un produit, une marque plutôt qu’un autre, mais c’est d’apporter toute l’information de la concurrence car les professionnels ont besoin de ces paramètres et d’information pour faire leur choix d’avenir ». Notre rôle est essentiellement de donner les indicateurs du marché (tel groupe va bien, l’autre va faire ses rachats...) ça veut dire qu’ont peut investir dans cette marque où pas. Tous les choix des professionnels tiennent compte de ses informations qu’ils recoupent, ils bénéficient d’une part des informations du réseau (ce que le constructeur leur envoie), des informations de l’accueil du public, des indicateurs régionaux et nationaux. Ils ont besoin de cette presse qui remet les choses à leurs places, qui prend des rendez-vous à leur place, qui interroge les autres professionnels, conseillers et experts qui savent faire les évaluation financières des groupes, qui évoquent les modèles et les durées de vie des modèles etc.. A mon sens, le rôle de la presse automobile professionnelle aujourd’hui est d’être un outil de travail pour tous ceux qui vivent de l’automobile.

autoalgerie.com : Quel est le type de la relation qui lie cette presse et les professionnels de l’automobile, sont-il coopératifs dans la circulation de l’information ?

M.DAIGUEPERCE : Comme toujours, nous sommes tenus de les inciter ; sachez que les concessionnaires vont réagir dès que quelque chose ne leur plaît pas, là ils nous appellent, ça va très souvent même à des menaces de procès parce qu’on a dit quelque qui leur déplaisait ou autre, et ça c’est toujours le cas ; mais pour avoir des informations, il faut ’’aller à la pêche’’, il faut recouper l’information, et en quelques sorte il faut leur forcer la main ; mais en même temps ils ne savent pas forcément donner l’information qu’ont attend d’eux, ils sont dans leurs métier et dans leurs univers et ont du mal à déterminer ce qui est nécessaire de délivrer comme information utile, parce que l’information utile est ce qu’il y à de plus difficile à capter ; notre objectif c’est d’aller vers eux, d’aller de plus en plus sur le terrain et de faire des reportages sur leurs entreprises, et quand on fait des reportages, ils nous donnent les informations car ils se sentent en confiance.

Notre journal s’est fait une image de publication élitiste que nous essayons de casser en allant sur le terrain pour chercher l’information, tout en faisant des reportages. Parce que je veux que les concessionnaires, les filiales, les carrossiers et tous les professionnels se voient dans le journal, qu’ils entendent parler de leur profession et que ça puisse leur être utile, et c’est à ce moment là qu’ils nous donnent de l’information. Par exemple, quand on interroge une concession dans le sud de la France qui a développé un atelier à coté qui a des accords avec le bateau ou toute autre chose, on donne des indications de marché très importantes pour les autres concessionnaires de la région ; ou alors tout simplement, quand on dit que telle concession à essaimé autour d’elle avec différents points de vente, on indique clairement ce qui est en train de se passer en France actuellement, on voit de gros concessionnaires qui se développent et qui étouffent la concurrence en prenant plusieurs panneaux, et ça c’est l’évolution actuelle. Ceux qui lisent comprennent ce qui est en train de se passer grâce à l’exemple et au reportage, c’est le rôle de notre presse.

autoalgerie.com : Quels échos avez-vous du marché de l’automobile en Algérie ?

M.DAIGUEPERCE : Les échos sont très lointains, parce qu’on a eu presque un black-out sur les informations qui parvenaient d’Algérie. Je vais peut être vous choquer, l’Algérie n’était plus dans ’’les pays à la mode’’ dans le cadre de l’information. De quoi parle t-on dans les journaux maintenant ? de la chine, de l’inde, on parle déjà beaucoup moins des pays de l’Est, et on s’aperçoit qu’on a complètement oublié les marchés du Maghreb. On est resté sur des images d’Épinal sur les pick-up et autres véhicules qui circulaient dans le désert, c’est devenu complètement ridicule.

J’avais fait un saut au Maroc dans le cadre d’une réunion automobile, on s’aperçoit du développement de plus en plus important du marché de l’automobile, on va vers une rénovation du parc, vers une prestation qualitative en terme de réparation et de maintenance, vers un choix de produit de qualité et aussi vers une défense de l’image de qualité qui a été galvaudée par des années de non connaissance.

On s’aperçoit que non seulement les marchés s’ouvrent d’eux-mêmes mais qu’ils intéressent à nouveau les constructeurs français, japonais et coréens, et ça, ce n’est pas innocent, ça veut dire que c’est des marchés nouveaux ; quand on parle de marché nouveau tout le monde pense à la Chine et à l’Inde voire à la Russie, mais jamais au Maghreb, maintenant on le dit : ’’c’est des marchés nouveaux, qui s’ouvrent’’.

Pour revenir à la presse professionnelle, à mon sens, elle doit faire l’écho de ce qui se passe actuellement en Algérie mais aussi dans les pays limitrophes, sans occulter la spécificité de chaque pays.

autoalgerie.com : Que pouvez-vous dire à la presse spécialisé en Algérie ? M.DAIGUEPERCE : Ouvrez les micros auprès des professionnels qui sont sur le terrain, c’est souvent ceux-là qu’on oublie et c’est ceux là qui font vivre l’automobile ; si on ne les écoute pas, on ne connaîtra pas leurs besoins, et si on ne connaît pas leurs besoins on aura pas l’information utile à leur donner. A mon sens c’est ce qui est important, c’est de cerner les besoin pour au moins donner les grandes lignes de ce qui les intéresse.

Et pour aborder le sujet dans un sens un peu plus économique, si les professionnels de l’automobile sont intéressés ils deviennent des lecteurs, et si tout le monde est intéressé dans ce circuit là, ça va intéresser les annonceurs et ça fera vivre la presse spécialisée, parce qu’il ne faut pas rêver, la presse professionnelle vit des annonces publicitaires.

autoalgerie.com : Un dernier mot ?

M.DAIGUEPERCE : Dans un dernier mot, je voudrais rappeler l’opportunité qu’on a eu en visitant le salon d’Alger ; on a reçu un courrier de l’ambassade de France à Alger qui nous indiquait qu’il y avait un salon automobile à Alger, de là est parti notre désir d’aller voir ce salon automobile parce qu’on ne le connaissait pas et parce qu’on s’est aperçu que beaucoup de gens étaient intéressés de savoir ce qui se passait en Algérie, beaucoup de gens qui ont vécu ou qui connaissent l’Algérie et d’autres qui ne la connaissaient pas mais qui voulaient savoir ce qui s’y passait.

Si j’ai quelque chose à dire dans ce domaine là, je dirai une chose : n’hésitez surtout pas à envoyer des messages vers la France et vers les autres pays européens et de leur dire qu’on existe et qu’on a un marché, qu’on sait ce que c’est que automobile, de leur dire venez nous voir parce qu’on est là, et qu’on a envie de se battre sur la scène internationale, et ça c’est extrêmement important aujourd’hui ; parce qu’on a trop l’habitude de voir des pays qui ont traversés des périodes pas toujours faciles se replier sur eux-mêmes et se dire on n’intéresse personne, au contraire, vous intéressez du monde, sauf qu’il y a une sorte de chape de plomb et qu’on ne sait pas grand chose de ces pays.

On est allés au salon d’Alger presque par hasard et sans même l’avoir planifié, on avait essayé d’obtenir des information sans succès, tout ce qu’on nous disait à l’ambassade c’est qu’on allait être bien accueillis, et c’était le cas. Le salon d’Alger nous a permis de découvrir les gens de la presse sur le terrain grâce à qui nous avons réussi à obtenir des informations, comme c’est le cas pour votre site, autoalgerie.com, donc merci à vous.

Propos recueillis par Nouredine ABBASSEN

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