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Fabrice Cambolive (Directeur des Opérations AMI du Groupe Renault) : "L’usine Renault Algérie Production est stratégique pour la région"

Publié le lundi 22 janvier 2018 à 19:11, par Khaled A.

Nommé l’été dernier en tant que Directeur des Opérations de la région Afrique- Moyen-Orient -Inde, Fabrice Cambolive est actuellement à Alger pour le top départ de la phase II de RAP, celle du CKD et se livre un peu plus sur nos colonnes.

Depuis sa nomination, c’est la seconde visite de Mr Cambolive en Algérie, la première pour prendre connaissance de la filiale algérienne et du réseau et une seconde fois, en ce mois de janvier, "pour faire le bilan de l’usine Renault Algérie Production d’Oran mais également parce-que c’est une étape clé pour nous, celle du top-départ de la phase II de RAP, phase qui nous mènera au CKD", a déclaré le patron de la région AMI. Ce dernier a tenu néanmoins à "remercier énormément le client algérien puisque cette année nous faisons près de 61.000 voitures, un chiffre qui participe énormément à la première place de Renault sur le continent africain et ses 200.000 ventes au total".

Cette croissance en Algérie permet au Groupe Renault, selon notre interlocuteur, "de prendre de l’avance sur l’intégration locale. Nous avons respecté notre planning en terme d’engagements envers les autorités publiques avec un début de travaux de l’usine en 2012 et une ouverture en 2014 et dont l’évolution des volumes ont ouvert la voie, petit à petit, à l’intégration de technologie comme les sièges, câblerie, cartographie, pièces en plastiques et bientôt l’étanchéité, ce qui porte à 6 nos sous-traitants actuels. A titre d’exemple, notre partenaire SAREL, dont l’investissement est de qualité je tiens à le souligner, produit 30 références pour le compte de RPA, sachant que nous assemblons 2000 références à Oran, et qui voit également des perspectives pour les futurs modèles de l’usine mais aussi pour l’exportation sur le marché après-vente" avant d’ajouter "que le bilan est satisfaisant avec 1000 emplois sur l’usine d’Oran et dont le nombre va augmenter avec l’arrivée de la nouvelle usine et en avance sur l’intégration même si cela reste insuffisant mais atteindre 30% avec les volumes que nous avons, les perspectives ne peuvent être que très bonnes".

La position de l’Algérie est une source naturelle pour l’exportation

Interrogé l’absence d’exportation des diverses pièces produites par les différents sous-traitants de RAP à l’image de Joktal, Martur et autre Sitel, vers d’autres usines du Groupe Renault, ce qui permettra un volume suffisant pour proposer des tarifs plus attrayants, Mr Cambolive explique " que quand on cite des exemples d’exportations à partir du Brésil ou de Russie cela a pris quelques années, entre 4 et 5 ans au minimum, le temps de tout mettre en place depuis l’achat du matériel à l’amélioration de sa productivité et ses capacités d’achats, donc il ne faut pas bruler les étapes. Il n’y a rien qui bloque, il faut juste trouver les marchés à l’export au bon moment et c’est un travail d’exploration qui est déjà entamé. Je prend l’exemple de Martur qui fait les sièges et qui sont des pièces importantes (sécurité, confort...) mais ce que nous voulons avec cette entreprise c’est d’en faire un sous-traitant complet en faisant en plus de l’habillage en tissu mais aussi la mousse et les armatures, ce qui luii permettra de produire un siège complet er qui sera exportable. Je pense qu’il faut un peu de patience, du volume sur le marché domestique et trouver des débouchées surtout que la position de l’Algérie fait d’elle une source naturelle pour l’exportation. Cela nous intéresse également pas seulement pour les usines mais également en pièces de rechange pour l’après-vente. Il faut noter également que nos sous-traitants profitent également de commande en progression ce qui n’est pas le cas partout, je peux vous l’affirmer. Il faut également savoir que nos sous-traitants sont accompagnés par nos soins avec deux types d’aides, le premier à l’effort à l’investissement et ensuite en bénéficiant, au cas par cas, des technologies avec des fournisseurs que notre organisation d’achat gère au niveau mondiale. A notre niveau nous avons une relation de croissance avec nos partenaires, ces derniers doivent également bénéficier d’aides de l’état en ce qui concerne l’importation des matières premières autres exonérations. Dans cette situation, encore une fois, les perspectives pour ces entreprises sont bonnes avec, d’un côté, un marché local au potentiel qui est plus important que le volume actuel et l’objectif du marché africain, un potentiel en devenir. Nous avons donc toutes les raisons d’être optimistes dans la mesure ou nous maîtrisons bien nos investissement, on fait le bon choix en stratégie technologique et on s’appuie sur une production local qui est forte".

17 sous-traitants pour démarrer le CKD

La rencontre avec le Directeur de la région AMI a été mise à profit pour connaître le bilan de la convention des sous-traitants que Renault Algérie avait organisé l’année dernière à Oran, puisque selon notre interlocuteur "cette rencontre a permis de tracer notre feuille de route puisque si maintenant on dispose de 6 fournisseurs, nous envisageons de passer avant le début de l’usine CKD à 17 sous-traitants puis arriver à 25 et c’est cette convention qui nous a aidé à faire notre sélection pour établir cette feuille de route. Le bilan de final se verra technologie après technologie". Fabrice Combolive dira également que Renault va être présent lors de la prochaine rencontre sur la sous-traitance qu’organisera le ministère de l’Industrie et des Mines au mois de mars pour "prospecter encore dans le domaine et si on trouve des entreprises qui veulent prendre part à cette potentielle croissance, nous sommes preneurs. Mais encore une fois, en ce qui concerne l’intégration locale, il est bien de parler de nombre mais parler de technologie avec des volumes conséquents, c’est mieux".

"Dépasser les 70.000 unités en 2018"

Après avoir atteint un peu plus 60.000 unités en 2017, l’usine Renault Algérie Production verra, comme prévu, son volume augmenter à 70.000 voitures, tout en espérant en assembler plus, c’est ce que confirme Fabrice Combolive qui déclare avoir demandé " à prédisposer l’usine à 70.000 voitures mais si on peut en faire plus on le fera. Certes RAP travaille déjà avec 3 équipes mais le directeur Armando Bendito-Espina et son équipe essayent de dénouer les petites goulots d’étranglement qui existent sur la chaîne pour gagner en productivité et tenter de mieux satisfaire le client algérien surtout que n’allons avoir un modèle de plus (Clio 4 début mars ) et que c’est ce volume là qui nous permettra d’accélérer l’intégration locale".

Fabrice Cambolive a également abordé le futur de l’usine Renault Algérie Production, du moins ses 5 prochaines années, avec "le début de la phase II et le lancement des travaux de l’usine CKD dont les investissements, premier enjeu, ont été adoptés par le Groupe et se traduiront matériellement par le début d’aménagement du terrain mais surtout pour l’atelier peinture qui permet d’ouvrir les capacités de l’intégration locales en amont sur les pièces de tôleries et pièces plastiques ce qui nous mènera plus vite à une production made in Algérie et devenir plus compétitifs en volume et avoir la possibilité d’exporter. Cette usine sera prête à fin 2019 avec un plan produits décidé mais dont je ne peux vous en dire plus mais on annoncera les modèles au fur à mesure. Ce qui est important c’est de le faire modèle par modèle et voir les technologies qu’on pourra intégrer localement".

La position de l’usine algérienne de Renault s’annonce "importante pour le groupe français au sein d’une région qui progresse en volume et en part de marché, une région ou il n’y a pas de marchés moyen, c’est des marchés avec une croissance à deux chiffres ou baisse à deux chiffres également, donc il faut vraiment avoir beaucoup de flexibilité et c’est pour cela que nous sommes très proches des clients avec la mise en place de 6 clusters (Inde, Iran, Moyen-Orient, Algérie, Maroc et Afrique). Avec 10% de nos volumes, l’Algérie est un cluster très important pour nous avec les perspectives du marché domestique et aussi d’expansion vers des pays dont elle a des accords commerciaux importants, ce qui fait de Renault Algérie Production une usine stratégique et pour preuve les investissements que nous faisons encore pour le passage en CKD est l’un des plus importants de la région et c’est un engagement qui va nous offrir de la croissance sur le marché local et de la croissance à l’export".

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