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M.Christophe Martin (Vice-Président de Renault Trucks International) : "L’Algérie est un pays prioritaire pour Renault Trucks"

Publié le lundi 24 avril 2017 à 14:39, par Khaled A.

M.Christophe Martin, Vice-Président de Renault Trucks International, s’est prêté à une séance de questions-réponses avec les journalistes algériens présents lors des "Xtrem Days" de Renault Trucks à Marrakech.

On profite de ce rendez-vous "Xtrem Days" qui réunit certains de vos marchés pour vous demander de nous faire un petit bilan de l’année 2016 et vos perspectives pour l’année en cours...

Le Groupe Volvo a décidé depuis le 1er janvier 2016 de se réorganiser par marque et abandonner l’approche géographique multi-marques et au nom de Renault Trucks je peux dire que l’année 2016 a été relativement bonne. La France représente 40% de notre business, l’Europe 40-45% et l’international c’est environs 15% et par cette dernière on sous-entend 5 régions avec l’Algérie, le Maroc, la Turquie, l’Afrique subsaharienne et le Moyen-orient même si on vend quelques véhicules en Chili, Argentine et autre Indonésie mais c’est des chiffres assez marginaux. Dans les 5 régions citées, l’année a été seulement correcte avec d’un côté le marché qui s’est effondré en Turquie et de l’autre au Moyen-orient, notamment avec l’écroulement du marché en Arabie Saoudite. Les deux seuls marchés satisfaisants sont l’Algérien et le subsaharien.

Pour 2017, nous espérons progresser de 20 à 25% et nous sommes dans les temps à la fin du premier trimestre malgré un environnement macro-économique un peu instable. Donc l’objectif est, certes d’augmenter notre chiffre d’affaire (500 millions d’euros en 2016), mais surtout la satisfaction des clients parce-que si c’est derniers sont satisfaits ça ne peut qu’augmenter la confiance et la venue d’autres acheteurs. Et pour cela, on doit proposer la meilleure offre produit et aujourd’hui on est vraiment ravi de ce qu’on offre en gamme et en proximité des services après-ventes et de la disponibilité des pièces. Mais encore une fois on est dépendant des aléas géopolitiques comme peuvent l’être les quotas en Algérie qui nous poussent à nous poser certaines questions sur notre possibilité d’atteindre l’objectif assigné pour 2017. Mais je dirais que si on fait bien notre travail on peut s’en sortir car on est sur la durée et non pas sur une opération coup de poing.

Vous évoquez les quotas en Algérie, est-ce que cela vous a poussé à voir vos objectif à la baisse ?

On a fait 1300 vente l’année dernière en Algérie et notre objectif est de croître de 20 à 25% comme pour le reste de la zone "Internationale". En Algérie on s’est lancé dans un projet d’usine avec notre partenaire Souakri (Soprovi) et c’est important pour nous car, chez Renault Trucks, l’Algérie est un pays prioritaire sur le long terme et nous avons envie de bien réussir notre investissement et ce en accord avec l’attente des autorités algériennes.

Certes, on ne monte pas une usine en un mois, on ne trouve pas des collaborateurs en peu de temps mais il y’a la volonté de localiser et il fallait trouver des partenaires capables de suivre et de répondre à nos standards de qualités, mais on y arrivera je n’ai aucun doute la dessus. Le camion se met en route mais il faut du temps pour atteindre le rythme de croisière. Après, la politique des quotas est impactante sur le court terme mais on doit respecter les règles imposées par le gouvernement algérien.

Pour rester dans votre stratégie à long terme, quelle est l’approche de Renault Trucks pour l’Algérie

Comme beaucoup d’entreprises on sait ce qu’on veut être dans dix ans en Algérie, mais pour être précis on raisonne à trois ans et à cette date, si tout se passe bien, il ne serait pas aberrant de vendre 2500 camions surtout si on arrive à monter les véhicules qu’on veut dans l’usine de Meftah notamment ceux de moyen tonnage car jusqu’au jour d’aujourd’hui on fait beaucoup de gamme lourde. Sitôt qu’on assemblera cette moyenne gamme en Algérie on pourra vraiment toucher les distribution et la logistique dans les villes et en inter-urbains, les volumes augmenteront sensiblement. Sinon sur le point stratégique, c’est d’avoir une couverture dense du réseau algérien aussi bien en nombre qu’en qualité des partenaires qui servent convenablement les clients en services après-vente et pièces de rechange et d’avoir un partenaire industriel qui soit au niveau des meilleurs.

Vous dites que cette usine répond aux attentes du gouvernement algérien, il y’a un détail important qu’on aimerait savoir. Est-ce que cela veut dire que Renault Trucks est actionnaire à part entière de Soprovi ?

Oui, Renault Trucks est actionnaire au sein de Soprovi, je peux vous l’assurer et je vous dirais même que la meilleure façon de se protéger des aléas en Algérie est de plonger pleinement dans la piscine algérienne car un mariage on ne le fait pas à moitié ni par procuration. Celui de Renault Trucks est un mariage total qui implique de s’engager pleinement et en toute confiance. Moi je ne vous dirais pas que travailler en Algérie c’est comme travailler en Suisse car ça serait vous mentir mais je pense qui si on veut réussir en Algérie on ne peut y aller en mettant seulement le bout du pied mais en on doit le faire pleinement en investissant, en formant les gens et en grandissant avec le pays car on a également une responsabilité sociale. Je ne vais pas vous raconter d’histoires, Renault Trucks veut gagner de l’argent, comme toute société qui se respecte, mais ce n’est pas le seul but. On raisonne toujours avec quatre axes, notre actionnaire donc mais aussi nos clients, nos employés envers qui nous avons des devoirs et enfin la société. Nous ne sommes pas là comme si nous étions dans un pays lambda , non ! nous sommes en Algérie avec une envie de participer au progrès algérien.

En parlant toujours de cette usine et des cinq régions de l’internationale, peut-on s’attendre à ce que votre investissement en Algérie pourrait également vous permettre d’atteindre vos objectifs dans la zone subsaharienne ?

A aujourd’hui et comme discuté avec les autorités et avec notre partenaire M.Souakri, c’est ce qu’on envisage mais pas immédiatement. Ce qu’on veut à très court terme c’est de répondre aux besoins de l’Algérie. Il faut être vigilants car la nature des camions utilisés dans la région sub-saharienne, par exemple dans l’exploitation forestière au Cameroun, n’est pas la même que celle des camions utilisés en Algérie. Commencer à penser à faire de le l’Algérie la tête de pont de l’expansion en Afrique oui, c’est dans nos plans mais pas exclusivement sur la partie industrielle mais également en terme de formation et de maturité car au bout d’une semaine avec les clients des différentes zones, c’est les clients algériens qui montrent le plus de professionnalisme.

Peut-on avoir une idée sur d’éventuels sous-traitants accompagnant le développement de l’usine Soprovi ?

La volonté est d’arriver à 40% de localisation en Algérie mais pas dans un premier temps, comme vous devez le savoir. Il faut qu’on soit réaliste et devoir faire venir des prestataires locaux et le faire avec nos concurrents parce-que la taille du marché ne peut pas justifier la venue d’un sous-traitant pour la seule usine Soprovi. Pour cela un écosystème doit être crée avec nos concurrents pour justifier d’une demande suffisante afin que des partenaires viennent s’installer. On a commencé le travail, à voir des fournisseurs par le biais des équipes dédiés du Groupe Volvo et pendant ces quelques jours à Marrakech, quelques prestataires et fournisseurs de bennes, de carrosseries et autres pneumatiques étaient présents car le marché algérien intéresse et ils ont compris que pour réussir cela ne peut se faire à distance mais en jouant localement. Le plus important est d’arriver à offrir une solution de qualité et répondre aux attentes, ceux des autorités mais également ceux de nos clients car il n’est pas question d’avoir des camions "Made In Algérie" de qualité moindre que celle des unités importées.

Vous venez de soulever un point important, celui du volume qui inciterait les sous-traiter à s’installer en Algérie et qui vous "oblige" à composer avec les autres usines du pays. Vous dites également que la qualité des camions Soprovi ne devrait souffrir d’aucune comparaison. Alors pourquoi ces sous-traitants ne peuvent pas venir vous accompagner tout en ayant la possibilité de fournir des usines Renault Trucks de par le monde et disposer ainsi d’un volume suffisant pour la rentabilité ?

Bien sûr que c’est possible et vous avez raison sur ce point puisque toutes les pièces pour le Groupe Volvo en général et Renault Trucks en particulier viennent du monde entier et on peut tout à fait développer des standards de qualité en Algérie qui répondent aux attentes de notre Groupe. Maintenant il faut également avoir conscience que plusieurs pays demandent à ce que la fabrication soit locale, je peux citer le cas au Maroc, en Arabie Saoudite, au Kenya et autre Pakistan et donc ça bloque certains débouchées. Après, et même si je reste persuadé de la possibilité d’exporter vers d’autres usines du Groupe à partir de l’Algérie, il y’a également un marché local qui va se développer compte tenu de la taille de votre pays , des infrastructures qui se mettent en place et de la logistique qui évolue auquel il faudra y répondre.

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