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Sous-traitance : Faurecia lance sa deuxième usine au Maroc, ce qu’on doit retenir

8 commentaires

Publié le dimanche 16 juillet 2017 à 16:47, par Khaled A.

L’équipementier français Faurecia, l’un des sous-traitants devant accompagner l’usine PSA en Algérie, vient d’inaugurer sa seconde usine au Maroc.

L’usine, qui s’étend sur 12 800 mètres carrés, représente un investissement de près de 16 millions d’euros (170 millions de Dirhams) pour Faurecia. Elle a permis la création de plus de 1 300 emplois, avec la perspective à terme d’accueillir 1 800 salariés. Faurecia produit chaque jour 10 000 coiffes cuirs et textiles de sièges automobiles à Salé, notamment pour Peugeot et ses véhicules 3008 et 5008. Cette usine de Salé, construite en à peine 7 mois, à laquelle s’ajoutent celles de Kenitra (Maroc) et Ben Arous (Tunisie), font de Faurecia le premier producteur de coiffes automobiles en Afrique du Nord.

Le choix du leader mondial de l’armature des sièges auto pour le Maroc au lieu de la Tunisie s’explique, en plus de la production locale, par "les facilitation à l’export vers les usines européennes", selon les déclarations de Patrick Koller, Directeur Général de Faurecia", ajoutant que cela "nous permet de ne pas avoir à attendre une production suffisante pour justifier les investissements". Cette dernière partie de la déclaration de Koller ne peut que nous interpeller puisque nous entendons à chaque fois le refrain du "volume insuffisant" pour attirer, en Algérie, les leaders mondiaux de la sous-traitances, qui draineront également leurs sous-traitants il ne faut pas l’oublier.

Pourvoir répondre au "Just on Time" est crucial

En effet, l’un des points cruciaux de l’installation des équipementiers est la facilité d’exportation de la production vers des usines situées en dehors des frontières du site d’un pays afin de répondre à un critère important, aussi important que celui de la certification ISO/TS de la IATF (International Automotive Task Force) celui du "Just On Time" (Juste à temps). Un critère imposé par les constructeur obligeant les équipementiers à livrer les pièces à période précise, ni en avance pour éviter un stock qui pèse financièrement, ni en retard pour éviter l’arrêt des chaînes de production donc chaque minute d’inactivité coûte des milliers d’euros de perdus pour le constructeur et dont les conséquences ne peuvent qu’être néfastes sur la santé financière des sous-traitants. A titre d’exemple, l’usine Skoda de Mlada Boloeslav ne fonctionne qu’avec un stock de… deux à trois jours uniquement et qu’il faut gérer les 1 000 camions/jour de livraisons des pièces qu’acheminent les centaines de fournisseurs de Skoda. Le moindre couac dans la livraison donc revient cher, très cher, les responsables de Skoda annonçant (en 2014) le chiffre 15 000 euros pour chaque minute de perdue.

Ainsi, permettre à ces équipementiers d’exporter dans des conditions idoines, conjugué à la formation des salariés et à des coûts d’exploitation moins onéreux (énergie, salaires...) ne peut que contrecarrer l’excuse de "volume insuffisant" d’autant plus que les pièces devant subvenir aux besoins des usines locales répondent aux normes imposées par les constructeurs donc éligibles à toutes les usines de ces mêmes acteurs de l’industrie automobile.

Cela aurait pu et dû se faire, par exemple, avec Faurecia puisque l’équipementier devait accompagner l’usine PSA en Algérie dans le système d’échappement et ...les sièges qui viennent de nous échapper !

Vos commentaires

  • ]Le 16 juillet à 19:17[, par fviz

    "mabrouk alihoum"vous citez donc dans votre article la déclaration fracassante suivante"cela nous permet de ne pas avoir à attendre une production suffisante pour justifier les investissements"déclaration du DG de cette firme surement faite a la presse,tout le monde vous dira que c’est du blabla "politico-politicien"ces gens leurs "houbal"c’est l’argent, leurs devise est" il n’y a que l’argent rien que l’argent et seulement l’argent" cette déclaration c’est ma tète qu’elle fracasse.
    vous avez parlez de la facilite d’exportation du Maroc vers l’Europe et plus loin encore , je suis d"accord la ville ou ils viennent de s’implanter et stratégique ;-proximité de la capitale ;-sur les cotes de l’atlantique -et infrastructures en modernisation eh oui j’ai "googler" un peut.
    a propos du "just on time" c’est ni plus ni moins que le flux tendu
    et avec les moyens modernes de transport de management et la proximité du nord du Maroc de l’Europe cette firme aurai pu faire plus simple de l’exportation intelligente a prix d’eur.. je veux dire d’or
    passez moi ce jeux de mot a 200 dinars l’unité ;exemple le nouveau Q5 est construit au Mexique et beaucoup de pièces viennent d’Allemagne, même chose pour seat en espagne. je crois que c’est les salaires bas qui les intéressent et l’achat de la matière première en dirham, parce que en ce qui concerne la technologie et les machines outils croyez moi que les ouvriers marocains n’auront le droit que de ne pas poser de questions sur la première et de travailler et ce la fermer sur les dernières .mais c’est un début quand meme ; vous épiloguer en affirmant qu’avec Peugeot ça aurai pu se faire de la même sorte ah la je suis pas d"accord pour ces raisons
    1-l’usine marocaine est tout simplement une véritable usine de construction de voiture le groupe renault nissan y fabrique deux modèles exclusifs le lodgy et le dokker et c’est pourquoi on les voient jamais chez nous.
    2-une politique marocaine ferme sans trop l’être
    3- leur classe dirigeante veut se mettre plein les fouilles mais en industrialisant véritablement le pays.
    4-en industie ce qui fait la difference c’est le la premiere impulssion
    la leurs les a projeter dans la modernisation
    5-y’a pas longtemps ils ont fêter la millionième bagnole sortie des chaines de montages . je vous assure qu’ils sont"djadines" les bougres.
    et je fini a mon tour en redisant c’est l’usine la véritable usine qui crée par aspiration le sous-traitant , l’attire et le fait graviter autour.pas l’inverse.

  • ]Le 16 juillet à 21:17[, par fviz

    complément : ça date de 2015 et c’est très politisé mais les images parlent d’elles même. https://www.youtube.com/watch?v=kRE... moi ça me rappelle l’usine sovacwagen pas vous ?

  • ]Le 17 juillet à 09:08[, par Kareem Black

    Bonjour, très bonne analyse fviz qui sort des sentiers battus et vous argumentez en plus...maintenant pour élargir votre analyse mais aussi la corroborer, c’est qu’à mon avis il aurait fallu négocier avec Peugeot avant Renault et cela était même convenu dans le début des années 90 ...seconde erreur : on est passé aussi à côté de quelquechose avec le projet Fatia Tiaret qui aurait pu donner cette fameuse première impulsion que vous expliquer bien ..effectivement je pense que l’assemblage reste une bonne option comme démarrage et comme pompe aspirante de l’effet intégrateur de pièces qui peuvent être facile à produire localement.notamment la plasturgie ou on a vraiment des avantages comparatifs grâce à la pétrochimie..sans parler aussi des gisements de fer dans le nemenchas....on sait que Rebrab travaille discrètement sur ce projet à condition qu’on ne l’entrave pas....ceci permettrait vraiment d’avance dans la transformation et en apportant de la valeur ajoutée dans la pièce mécanique..et pour conclure je pense qu’avec Renault on a vu trop petit ( peut être ce complexe de colonisé ) ajouté à une vision trop bureaucratique et administrative de cette industrie..par ailleurs on devrais aussi voir vers l’industrie allemande et leur pragmatisme...on a aussi pas mal raté d’occasions en devenant actionnaire de grands constructeurs avec une partie des réserves de change et ceci dés 1976, lorsque l’état algérien aurait pu racheter en grande partie citroën au lieu que cette marque se fasse cannibaliser par Peugeot en perdant beaucoup de son identité ..de même pour Saab ou encore lorsque Ford a cédé ses 30 pour cent de Mazda..de même qu’on aurait plus intégrer des géants premium comme Mercedes ou BMW même en dessous de 5 pour cent comme l’on fait le qatar ou les Emirats..bref beaucoup d’occasions manquées et je m’arrête ici. Amicalement.

  • ]Le 17 juillet à 09:42[, par Khaled A.

    Bonjour,
    @fviz : On ne parle pas de l’usine PSA mais plutôt de l’équipementier qui devrait l’accompagner. et c’est ce dernier qu’il aurait fallut convaincre qu’il n’avait pas à attendre que la production locale atteigne un "volume suffisant". Ceci n’a donc rien à voir avec l’usine PSA ;)

    Tu me dis que c’est du blabla "politico-politicien" mais ce blabla ne peut se faire sans une réalité du terrain (tu remarquera que j’ai également cité les autres avantages comme les salaires et le coût énergétique) qui se doivent d’être conjugués à cette facilitation à l’export. Tu me rejoint sur le "just on time" et pour cela on est loin, pour ne pas dire à des années lumières, de pouvoir y répondre...

    Oui c’est l’usine qui attire le sous-traitant sauf qu’il y’a des minima de volume à respecter....à titre d’exemple un producteur de pots d’échappement à besoin découler au minimum 100.000 unités/an pour avoir un équilibre financier et je n’ose même pas aborder les unités qui ont besoins de vendre des millions de pièces par an.

  • ]Le 17 juillet à 15:24[, par VeyronBugatti

    1 er actionnaire de Mercedes : L’état du Koweït par le biais du fond souverain créer en 1957 pour gérer les revenus excédent du pétrole (Koweit Investment Authority)

    2eme Actionnaire le Qatar par le biais de QIA

  • ]Le 17 juillet à 17:18[, par Khaled A.

    @kareem : oui, on en a raté des opportunités....la dernière c’était la prise de participation dans PSA (finalement c’est DongFeng qui en profite)....Opel juste avant, etc...

  • ]Le 17 juillet à 19:22[, par fviz

    sahitou shabna pour abonder dans votre sens, j’ai lu quelque part que mc laren est tomber totalement sous la coupe des saoudiens alors qu’elle commence a chatouiller véritablement lombo et Ferrari le problème avec ces acquisitions et ces achat d’actions ces les procédures juridiques et les modalités d’exécution des contacts signés qui sont le plus souvent secrètes et qui n’apportent rien sinon une promesse d’un futur pactole pour l’acquereur. regardez volvo et le géant geely ,vous trouvez que la geely emgrand profite des technologies des dernières splendides volvo. bien sur je m’en fait pas pour les "chnaois" ils rongent déjà leurs freins.

  • ]Le 19 juillet à 16:21[, par Kareem Black

    Vous avez raison fviz mais il est vrai aussi que ces pétromonarchies n’ont pas non plus un potentiel comparable à l’Algérie ( je parle notamment de proximité avec l’Europe, de taille du marché de gisement de fer, de pétrochimie dans la plasturgie bien que pays disposant d’immenses réserves, etc..... ) aussi imaginer une prise de participation de 15 ou 20 pour cent du FNI par exemple sur un constructeur tel que Mazda..bon j’arrête de rêver, mais croyez moi ce fut possible à l’époque ou Ford revendait ses 30 pour cent de participation dans le capital de cette fabuleuse société japonaise au lieu d’alimenter les bons de trésor américain ou de renforcer les réserves européennes avec un taux de rendement si faible.

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