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Essai Peugeot 301 restylée : Embourgeoisée et plus féline

Publié le mardi 28 mars 2017 à 21:55, par Khaled A.

La région marocaine de Marrakech a accueilli la presse automobile algérienne pour les essais de la Peugeot 301 resylée qui s’est offert de nouveaux attributs stylistiques, de nouvelles dotations et un moteur 1.2l PureTech 82ch.

Ce restylage veut donner un second souffle à une Peugeot 301 produite à plus 360 000 unités dans le monde depuis son lancement en 2012 et un succès confirmé sur des marchés majeurs, pour qui elle a été développée exclusivement, tels que la Chine, la Turquie ou l’Algérie pour une clientèle à la recherche de la berline statutaire.

Les derniers codes stylistiques de la marque sculptent avec plus d’élégance la carrosserie de cette berline tri-corps. La calandre verticale, avec désormais le lion trônant fièrement en son milieu, accueille le nom de la marque dans son bandeau supérieur. Les projecteurs tri-matière sont sertis à la carrosserie, l’éclairage se pare de LED avec des feux diurnes placés dans le tandis que de nouvelles jantes bi-ton font leur apparition pour supporter des pneus allant jusqu’aux 16 pouces et que les feux arrière comportent trois griffes opalines. Premier constat important, la 301 se débarrasse de son fameux "bec de lièvre" qui faisait rager les propriétaires de cette C-tri-corps au moindre petit choc avant. En effet, avec un pare-choc qui gagne quelques millimètres c’est ce dernier qui encaisse désormais les petits coups du quotidien, évitant ainsi toute "touchette" du capot. Comme quoi à grand soucis, petite solution pratique. Comme écrit en son temps, la Peugeot 301 présente l’avantage d’être née berline tri-corps. Il ne s’agit pas d’une base bi-corps à laquelle on aura greffé un coffre. Cette approche de tri-corps “native” a donné de la marge aux designers pour pondre un ensemble harmonieux et équilibré. La coupe de la berline à malle est nette. On est loin ici de la ligne de caisse “tobogan” qu’aura imposée un avant plongeant hérité d’une sous-compacte urbaine, et c’est mieux ainsi.

Ecran tactile capacitif 7", pour une touche technologique

A l’intérieur, l’apparition de l’écran tactile capacitif 7’’ qui duplique le contenu du smartphone grâce à la connectivité Mirror Screen triple play (Apple CarPlayTM, Android Auto, MirrorLink) améliore le rendu général de la plache de bord. Concernant la navigation, les concepteurs ont ajouté pour la première fois la lange arabe, permettant au conducteur de choisir entre l’anglais, le français et l’arabe. Pour habiller avec élégance les lignes de la Peugeot 301 dont les plastiques gris sont à l’instar de ce que l’on retrouve dans le segment, durs, sept teintes sont proposées parmi lesquelles trois nouvelles propositions : gris Artense, gris Moka et le bleu Deep Blue. De même, l’habitacle peut s’habiller de deux ambiances, claire et foncée. Sur le niveau Allure, l’ambiance foncée repose sur un nouveau garnissage tissu, baptisé Cran Adamantium. Enfin, ce même niveau de finition propose un garnissage mi-cuir accompagné de sur-tapis. Le poste de conduite est orienté vers le conducteur, avec un combiné composé de deux grands cadrans circulaires, un volant à trois branches et une console centrale rehaussée par l’écran tactile. Pour répondre aux usages des pays chauds, le circuit de climatisation des moteurs 1.2L PureTech 82 et 1.6L VTi 115 est spécifique. Compresseur, condenseur et circuit de froid sont adaptés pour assurer la prestation. De plus, une touche spécifique ‘AC Max’ permet d’obtenir le maximum de réfrigération en un seul appui sur la climatisation électronique. Et si on regrette que les deux aérateurs centraux soient toujours dépendants l’un de l’autre (fermeture/ouverture simultanées), l’emplacement et le dimensionnement des aérateurs en façade, sont spécialement étudiés pour assurer rapidement la meilleure diffusion de l’air frais à l’intérieur de l’habitacle.

Pour rappel, l’empattement de 2,65 m et les voies élargies de 30 mm à l’avant et de 10 mm à l’arrière permettent à la Berline du Lion de revendiquer une référence sur son segment, tant pour les passagers avant que pour les passagers arrière. Une revendication légitime avec un espace aux genoux impressionnant à l’arrière malgré le 1,80 m de votre serviteur et un siège avant configuré pour la même taille. La banquette arrière peut accueillir sans soucis trois adultes (un peu à l’étroit, certes), et la place du milieu accueille désormais un troisième repose-tête, au détriment du choix purement esthétique qu’expliquait Peugeot lors du lancement du modèle en 2012... Législation algérienne étant passée par là ! Cette généreuse habitabilité n’empiète nullement sur la capacité du coffre. Ce dernier offre 640 litres, un volume record dans le segment.

Moteur en marche, la sonorité caractéristique du HDi (première partie d’essai en 1.6 HDI92ch BVM5 en finition Allure), le diesel le plus produit au monde est là pour nous rappeler qu’il a fait ses preuves sur le terrain et que les 80 km qui nous séparent de notre point d’arrivée au milieu de l’Atlas n’allaient être qu’une partie de plaisir. Passés les premiers kilomètres de la ville de Marrakech sans encombre, la suite de la route allait nous proposer des portions mieux adaptées pour tester, une fois encore, cette voiture destinée à des routes dégradées.

La pluie s’invite...tant mieux !

Pas de surprise, les impressions déjà ressentis lors des essais à Ankara pour le lancement de la Peugeot 301 sont toujours identiques et même confortées puisque la pluie a été un invité surprise qui allait donner plus de poids à ce qu’on savait déjà, à savoir une 301 qui a fait preuve d’un confort et d’un comportement routier digne d’une… Peugeot, malgré une "course-poursuite" entre trois voitures sur les courbes glissantes du Mont de l’Atlas qui aura néanmoins confirmé un ESP intrusif mais d’un bon secours à certains moments, avouons-le.

La 301 utilise des trains roulants issus de la banque d’organe du groupe, communs à d’autres modèles de la gamme comme la . Cependant, et du fait des marchés auxquels elle se destine, caractérisés parfois par des conditions de roulage difficiles (route défoncées, nids de poules, etc.), les ingénieurs ont adapté les tarages de la suspension pour trouver un compromis entre filtration des aspérités de la chaussée et la tenue de route. Cet exercice d’équilibriste, souvent difficile à tenir, oblige les ingénieurs à sacrifier l’aspect confort au profit du comportement et vice-versa, selon le modèle. Ici un gros effort a été fait pour trouver ce compromis, d’autant qu’on est en face à un véhicule “d’accès” mais qui offre tout de même cet “aspect flatteur”. La direction s’est montrée saine et le train avant très précis. En allant chercher les limite dans les courbes très prononcées marquant de l’Atlas, la 301 affiche une tendance au sous-virage, mais on est ici à la limite de l’utilisation normale. Accrocheuse à souhait, elle absorbe convenablement les bruits de roulage et les aspérités de la route sont très bien absorbés et l’assise est confortable.

Le 1.6 HDi 92ch s’est montré suffisant pour mouvoir la berline. Plus bruyant que le moteur essence, il affiche aussi cette petite seconde de latence propre aux diesels. La boîte reste fidèle à sa réputation et à l’ADN Peugeot, celle d’être un chouia accrocheuse entre le deuxième et le troisième rapport. Petit clin d’œil au freinage, source de critiques en Algérie et en Tunisie, et qui a eu droit à une reconfiguration, selon les responsables de Peugeot, afin de s’adapter aux routes des deux pays, plus lisses et plus glissantes que celles de autres pays émergents.

La seconde partie de la prise en main se déroule avec le 3-Cylindres 1.2 PureTech de 82 chevaux et un couple maximum de 118 Nm à 2 750 tr/min qui remplace le 1.2 VTi 72 ch. Ce moteur 3-cylindres essence PureTech équipe toute la gamme de Peugeot, de la 108 aux nouveaux 3008 et 5008, a été couronnée du titre de "Engine of the Year" deux années de suite, en 2015 et 2016. Une configuration, même s’il faut parfois jouer du levier pour les dépassements, qui a vite fait de montrer qu’il peut être compagnon idéal pour une utilisation mixte en offrant du "peps" à bas régime. Hormis la sonorité, bien contenue au passage, ce 3-cylindres s’est montré souple à l’utilisation et dépourvu de vibrations.

Bilan

Embourgeoisée et plus féline, la Peugeot 301 restylée devrait faire aussi bien que la mouture actuelle sur notre marché. Aussi bien si ce n’est plus avec son éventuelle assemblage en Algérie, ce qui boosterait encore plus ses ventes.

Portfolio

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