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Skoda : Dans les coulisses de l’usine de Mlada Boleslav

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Publié le jeudi 11 septembre 2014 à 20:54, par Khaled A.

Usine principale du constructeur tchèque Skoda, le site de Mlada Boleslav, situé à une soixantaine de kilomètres de Prague, reflète fidèlement la réussite de l’historique constructeur tchèque depuis son passage sous la coupe de Volkswagen.

Représentant près de la moitié de la production de Skoda, l’usine principale de Mlada Boleslav revient de loin, elle qui n’était que presque ruine à la tombée du bloc de l’Est. Et si plusieurs marques « est-européennes » ont disparu depuis, Skoda a eu sûrement une bonne étoile qui veillait sur elle, avec l’arrivée du groupe Volkswagen et son rachat de la marque. Il a fallu près de 5 milliards d’euros, dont une bonne partie pour cette usine, pour en faire un fleuron de l’industrie automobile, et le mot est faible. S’étalant sur 2,2 km², l’usine respire la principale idéologie allemande : la qualité. Une qualité qui se retrouve dans la production de la voiture où rien n’est laissé au hasard par les 22 000 employés - soit la moitié des habitants de la ville ! - qui se relayent en 3x8, de dimanche soir à vendredi soir, dans le but de répondre à une demande sans cesse croissante des 100 pays où est exportée la marque. Certes, avec ses 2 700 véhicules/jour, ce n’est pas la seule usine « dans le pays » puisque deux autres sites employant 6 200 personnes se trouvent en République Tchèque, à savoir l’usine de Kvasiny, inaugurée en 2002, et celle de Vrchlabi (1908) où sont fabriqués Yeti, Superb et Roomster, ainsi que les boîtes de vitesses pour le compte du groupe Volkswagen.

Calendrier oblige, la visite de l’usine « évitera » la partie destinée à la nouvelle Fabia, dont la production venait de débuter (et que nos appareils n’ont pas raté), et c’est vers la partie destinée à produire les 1 200 carrosseries/jour des Octavia (1 000 unités)), Rapid (150) et Toledo (50) que la visite est orientée. Premier passage par l’un des ateliers de soudage avec ses 600 robots allemands et 200 japonais, 80 % de l’atelier étant automatisé. L’un des ateliers car l’usine en compte deux autres, l’un pour la Fabia et la Rapid et le troisième pour divers travaux. Plusieurs types de soudure sont effectués dans cet atelier, nous informe le guide, tels que les « points, Mig-Ma et laser », et le processus dure 9 heures ici, pour relier les différentes parties de la voiture entre côtés avant, arrière, plancher et toit. A titre d’exemple, sur la nouvelle Octavia, ce ne sont pas moins de 4 200 points de soudure qui sont réalisés. Au bout de la chaîne, un contrôle est effectué sur chaque voiture et un contrôle destructif se fait toutes les 8 heures dans un souci de qualité irréprochable.

15 000 euros de pertes pour chaque minute d’arrêt

Passé cette étape, les « squelettes » sont dirigés vers l’unique atelier de peinture de l’usine, où ils passeront onze heures, absorbant cinq à six couches, soit l’équivalent de 8 à 10 kilogrammes de peinture. Les quatre « dernières heures » de naissance d’une voiture se déroulent à l’atelier d’assemblage final. Et plus qu’un atelier, c’est une véritable « clinique », mot sorti spontanément de la bouche des journalistes présents sur les lieux. Moderne et extrêmement propre au point où les visages se reflètent sur le sol, les lieux donnent une vie finale à la voiture avec l’assemblage des planches de bord, portières, pare-brise… sur une ligne d’assemblage en cercle longue de 800 m, avant de voir les voitures subir plusieurs tests visuels et de contrôle allant de l’étanchéité à la suspension en passant par le niveau des différents liquides, puis passer aux bancs d’essais techniques avant le « feu vert » autorisant la sortie d’usine, soit sur rails (80%) ou sur camion (20 %).

Réglée comme une horloge suisse, l’usine de Mlada Boleslav ne peut se permettre le moindre arrêt durant les onze mois et demi de production. Le moindre couac revient cher, très cher, nos interlocuteurs annonçant le chiffre 15 000 euros pour chaque minute de perdue. Une épée de Damoclès qui ne fait que renforcer ce sentiment de « germanisation » des lieux, quand on sait que l’usine ne fonctionne qu’avec un stock de… deux à trois jours uniquement et qu’il faut gérer les 1 000 camions/jour de livraisons des pièces qu’acheminent les centaines de fournisseurs de Skoda, dont 70 % sont tchèques.

L’atout ressources humaines

Les yeux tourné vers l’avenir, le « Pentagone », comme aiment les employés nommer le siège de l’entreprise dont le conseil d’administration est composé de six responsables allemands et un tchèque, mise énormément sur les 900 étudiants de son académie interne pour former les techniciens de demain mais également sur son université pour aller piocher les perles rares en managements et gestions économiques. Il faut dire que les avantages qu’offre Skoda aux salariés ne sont pas négligeables, le salaire sur la chaîne est 10 % plus élevé que le national, soit 1.300 euros brut (1000 euros net) tandis que celui du mécanicien est de 1500 net (1800 euros brut), sans compter le 13e mois, les bonus (800 euros, en 2012), 5 semaines de congé payé et la possibilité d’acheter deux voitures par an avec des remises allant jusqu’à 15 %. Des avantages de taille tout en faisant des employés de la marque une main d’œuvre qualifié mais à coût contenu et qui, combiné à l’utilisation des organes du groupe VAG, permet à Skoda d’offrir plus au même prix que ses concurrents directes.

A lire : Sur les traces du géant tchèque

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Vos commentaires

  • ]Le 12 septembre 2014 à 00:15[, par LRM

    plein de break !!! |-)

  • ]Le 12 septembre 2014 à 06:58[, par mizand

    pas de Superb ?!

  • ]Le 12 septembre 2014 à 08:53[, par Djalil

    L’article explique que la Superb est produite dans une autre usine.

    Bravo Khaled. Superbement écrit !

  • ]Le 13 septembre 2014 à 10:16[, par berkane mohamed

    ça fait plaisirs de trouvè un représentant algérien d un journal ou un site web dans les coulisse des grandes usine comme celle ci ,oui c pas facile et donc je croix que c pas suffisant de vous dire MERCI donc ont vous dit 1731 merci (le trajet/km) et bon courage ,et enchallah dans les coulisse de les BMW ou les MERCEDES :-)

  • ]Le 13 septembre 2014 à 10:25[, par YOUGOURTHEN

    Moi j’ai bien aimé la qualité de la pose des pavés autobloquants B-)

  • ]Le 3 octobre 2014 à 07:58[, par Docri

    Bonjour
    Je voudrais avoir votre avis sur la tenue deroute du yeti 4x4. Le yeti ambition me parait un bon compromis pour une voiture robuste , familial et diesel dans mon budget. Donc avis aux pocesseurs ou a ceux qui l’on deja essayé.
    Merci

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