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Industrie automobile : Carences d’informations entre constructeurs et sous-traitants

Publié le mercredi 7 mars 2018 à 08:22, par APS

L’industrie automobile naissante en Algérie connaît un manque de proximité entre constructeurs et sous-traitants ont affirmé à l’APS plusieurs professionnels en marge des Journées techniques sur la sous-traitance véhicule tenues lundi et mardi à Alger.

Le rapprochement et l’échange sont incontournables pour augmenter le taux d’intégration et contribuer efficacement au développement de cette activité, estiment les sous-traitants tout en déplorant le manque de communication avec les constructeurs. C’est le cas, entre autres, du patron d’une PME privée spécialisée dans la production de panneaux en composite utilisés notamment dans l’industrie automobile, aéronautique et navale. Dans ce sens, il relève que des sociétés de montage continuent d’importer le même type de produits qu’il fabrique depuis plusieurs années à des prix compétitifs et en quantité suffisante. S’agissant des conditions nécessaires au développement de la sous-traitance en Algérie, ces sous-traitants les résume en l’instauration d’un canal d’information et de contact avec les sociétés de montage, l’accès aux crédits bancaires et au foncier industriel, et la formation d’une main d’oeuvre qualifiées et spécialisée.

Pour la présidente de l’Union professionnelle de l’industrie automobile et mécanique, Mme Latifa Turki Liot , le manque d’informations constitue souvent une entrave au développement du tissu industriel dont la filière de la sous-traitance automobile. Évoquant certains enjeux, elle explique que le plus important est de comprendre le positionnement de l’Algérie à l’échelle régionale alors qu’il ne faut pas perdre de vue l’émergence, aujourd’hui, de deux plateformes opérationnelles de délocalisation pour les opérateurs étrangers, qui sont le Maroc et la Tunisie.

Pour elle, il est nécessaire que le gouvernement réfléchisse à une stratégie pluriannuelle qui tienne compte de la position de l’Algérie à l’échelle régionale, continentale et internationale. En conséquence, il est nécessaire à la fois de mobiliser les équipementiers de premier rang et de travailler sur le moyen et long termes pour mettre en place un "système de contrat de filière automobile", préconise Mme Turki Liot. Ce type de contrat, à l’instar de ce qui se fait à travers le monde, devrait regrouper le gouvernement, les donneurs d’ordre et les sous-traitants pour décider ensemble des actions à entreprendre et les moyens pour y parvenir, et ce, sans omettre de mettre en place des indicateurs industriels.

Pour sa part, le P-dg de la société Sovac, qui active dans l’industrie de montage de véhicules Volkswagen en Algérie, Mourad Oulmi, estime que chaque rencontre, regroupant l’ensemble des intervenants dans le domaine de la fabrication de l’automobile, à commencer par les donneurs d’ordre (constructeurs) et les sous-traitants (receveurs d’ordre), peut apporter un plus pour le développement de la construction automobile dans le pays.

Selon lui, ces journées techniques sont utiles dans la mesure où elles permettent à la fois de comprendre la vision du gouvernement, et aux différents intervenants de se connaître et d’exprimer leurs avis. S’agissant du développement du taux d’intégration, il soutient que le rôle des constructeurs est primordial puisque ce sont eux qui choisissent les composants qui conviennent le plus à leurs véhicules, et c’est également eux qui rendent possible l’exportation des produits fabriqués localement. "Il faut donc mettre le constructeur dans le centre de la stratégie de développement de l’industrie automobile", fait-il valoir. Concernant les taux d’intégration exigés actuellement (15% après trois ans d’activité et 40% au bout de cinq ans), il soutient que "ce sont les règles du jeu" et que son groupe est en train d’impliquer davantage le constructeur allemand pour y parvenir.

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